Détention de Bahar Kimyongür en Italie: "C'est de l'acharnement"

Détention de Bahar Kimyongür en Italie: "C'est de l'acharnement"
Détention de Bahar Kimyongür en Italie: "C'est de l'acharnement" - © Tous droits réservés

"C'est de l'acharnement", dit la Ligue des droits de l'homme. Cela fait un mois, ce vendredi, que Bahar Kimyongür, le militant belge, d'origine turque, a été arrêté par la justice italienne. Il a passé dix jours en prison avant d'être assigné à résidence. Il risque à présent d'être extradé vers la Turquie qui veut le juger pour ses actions politiques. Françoise Wallemacq a pu joindre Bahar Kimyongür, assigné à résidence à Breschia.

Cela fait plus de dix ans que la Turquie cherche à avoir la peau de Bahar Kimyongür, accusé d'être un dangereux militant d'extrême gauche dans son pays d'origine.

En Belgique, il a été acquitté et blanchi, après un procès fleuve, aux rebondissements abracadabrants. Mais ses ennuis ne sont pas finis pour autant.

"Je pensais que mes histoires judiciaires s’étaient terminées en 2007, à l’époque où j’avais été jugé en Belgique et puis relâché car considéré comme innocent. C’est pourquoi j’ai fondé une famille et j’espérais que ces histoires de poursuites restent bien derrière moi et fassent partie du passé. Et bien finalement, non. En 2013, j’ai encore été sujet à des persécutions, osons le dire en Espagne et en Italie et donc, il y a un véritable acharnement", explique Bahar Kimyongür.

Acharnement de la Turquie, qui veut absolument le juger pour une histoire de chahut au Parlement européen lors de la visite d'un ministre turc à Bruxelles.

En 2006, la Belgique cède aux pressions de la Turquie, et essaie de le livrer à Ankara. Bahar Kimyongür est arrêté aux Pays-Bas, sur dénonciation des services secrets belges. Mais le juge néerlandais flaire le piège, et le libère.

Nouvelle arrestation cet été, en Espagne, en pleine cathédrale de Cordoue, devant sa femme et ses deux enfants. La justice espagnole examine la demande de la Turquie. En attendant, Bahar Kimyongür est libéré sous caution.

Enfin, il y a un mois, c'est la justice italienne qui l'arrête, toujours sur base du même mandat d'arrêt turc.

Pour Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'homme, c'est de l'acharnement et la Belgique ne joue pas son rôle protecteur.

 

RTBF

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