Des bébés arrachés à leurs mères dans des couvents, dans les années 70

En Irlande aussi, des bébés ont été arrachés à leur mère dans des couvents
En Irlande aussi, des bébés ont été arrachés à leur mère dans des couvents - © Tous droits réservés

Des adoptions forcées dans des couvents. De jeunes mamans qui ont eu une grossesse non désirée, pour la plupart des mineures, se seraient fait confisquer leur enfant après leur accouchement dans un couvent pour ne plus jamais le revoir. Cela rappelle une histoire irlandaise mais cette fois, cela s'est aussi passé en Belgique, dans les années 70: c'est la création cet été d'une association pour la défense du droit de ces femmes qui met aujourd'hui le phénomène en lumière. Une réunion entre l'association, des représentants de l'Eglise et Kind en Gezin, l'équivalent flamand de l'ONE, a eu lieu ce lundi. Ils vont demander la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire.

Les faits connus se déroulent en Flandre, mais il n'est pas exclu que les autres régions soient aussi touchées. Au moins trois couvents, dont un qui se situe à Lommel, sont concernés. La responsable de l'association nommée "Mater Matuta" affirme être en contact direct avec une trentaine de cas mais selon elle, il y en aurait beaucoup plus.

Concrètement, des jeunes filles enceintes étaient placées, souvent par leur propre famille, dans des foyers gérés par des nonnes. Et puis, juste après leur accouchement, on leur enlevait leur bébé à peine né.

Des bébés proposés à l'adoption contre beaucoup d'argent

Interrogée par la VRT, l'une de ces jeunes filles devenues adultes aujourdhui, Ritje Schouppe, explique qu'"après l'accouchement ils sont tout de suite partis" avec son bébé. "Quand j'ai demandé si je pouvais le voir, on m'a dit que ce n'était pas possible. Mais quelqu'un m'a dit qu'il s'appelait Eric, c'est comme ça que j'ai su que c'était un garçon", raconte-t-elle.

Ces bébés étaient alors proposés à l'adoption, parfois contre de l'argent. Marleen Adriaens, la présidente de l'association Mater Matuta explique ainsi qu'"ils n'aiment pas que je le dise, mais si certaines adoptions se passaient très vite, sans paiement, il y a néanmoins eu des adoptions pour lesquelles beaucoup d'argent a été demandé. Les sœurs demandaient en fait une donation pour le cloître".

La responsabilité de l'Eglise pointée?

Si l'Eglise se trouve au centre de cette affaire, l'association précise que d'autres parties sont impliquées. Certaines jeunes filles étaient forcées de délaisser leur enfant aussi bien sous la pression de leurs parents que du foyer.

Aujourd'hui, l'association entend donner à ces femmes le droit d'obtenir la reconnaissance de leurs enfants ainsi que des excuses. Renvoyant aux enquêtes menées en Irlande pour des faits similaires, Mater Matuta espère pouvoir recourir aux bases de données ADN pour rendre à ces mamans l'enfant qu'on leur a pris, il y a plus de quarante ans.

Daphné Van Ossel avec G.R.

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