Comment les entreprises préviennent le mal du dos

Huit belges sur 10 souffrent ou ont souffert du mal de dos. Dans certains cas, la douleur est chronique et handicapante. Certains préviennent la douleur par l'exercice physique. D'autres la soignent en se rendant dans des écoles du dos. Devant l'ampleur du phénomène, les entreprises mettent en place différentes stratégies et notamment des outils mieux adaptés aux dos de leurs employés.

Dans ce club de sport, le cours tendance n'est plus le fitness ou le spinning mais bien un cours de prévention du mal de dos. Pendant 30 minutes, les participants renforcent leurs muscles du dos. Giambra est professeur dans un lycée. Il passe une grosse partie de ses journées debout et se laisse aller. Mais à la fin de sa séance, il sent la différence. Ce cours l’aide à renforcer ses muscles posturaux. Son coach, Antoni Mammarella, nous explique : "Lorsqu’on relâche les muscles posturaux, tout le poids du corps repose sur la colonne vertébrale. A la longue, ça crée des micro-fissures et des tassements vertébraux."

L’école du dos

Ça ressemble à un cours de gym mais ne vous y trompez pas. Ici, vous êtes à l'école du dos d'un hôpital. Barbara Lantez a dû arrêter son travail plusieurs mois suite à d'insupportables douleurs lombaires. Elle est institutrice gardienne et s'occupe d'enfants de deux ans et demi. Elle doit se mettre à leur hauteur tout au long de la journée. Elle doit aussi les porter dans ses bras plusieurs fois par jour.

Épaulée par toute une équipe, Barbara a complètement révolutionné sa manière de travailler. Un petit tabouret à bascule est l'une des clefs de sa  réussite. Laura Lepers, son ergothérapeute lui a conseillé de l’utiliser car il lui évite de se pencher en pliant le dos. Avec ce tabouret, elle garde toujours le dos droit.

Dans cette école du dos, l'approche des patients est globale. Selon Mathieu Tits, Kinésithérapeute à l’école du dos de l’hôpital Erasme, toutes les disciplines de cette école se mettent au service du patient pour améliorer sa situation. L’approche est à la fois physique, ergonomique et psychologique.

L'absentéisme diminue

Une séance de massage comme beaucoup d'autres sauf qu'ici, elle se passe au bureau. Chez Resto.be, une fois par mois, les employés interrompent leur travail pour retrouver Maurad, leur masseur. De la téléphoniste au directeur général, tous les employés sont déjà passés entre ses mains. La séance de massage fait partie des heures de travail. Elle reste cependant aux frais de l'employé. Mais pour Maurad Zarrouk, c’est du win-win : "Un employé qui se sent mieux, produit d’une autre manière. Il se sent mieux et donc se comporte d’une autre manière. Le massage est un service individuel qui profite à toute la communauté du travail."

Pour améliorer l'environnement de travail de son personnel, cet hôtel parisien a fait mieux encore. Il a adapté les lits de ses 59 chambres. Désormais, pour les femmes de chambres, plus besoin de se plier dix fois par jour pour changer les draps. Les lits ont un mécanisme qui permet de les monter à leur hauteur. Le coût pour l’hôtel n’est pas anecdotique: 50 000 euros mais la direction a constaté que absentéisme avait diminué de 30% au bout de quelques mois.

Prévenir le mal du dos est non seulement une démarche personnelle mais aussi collective. Les arrêts de travail coûtent cher aux sociétés et certaines ont compris qu'elles devaient composer avec ce mal du siècle.

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