Le troisième kamikaze identifié, un testament retrouvé à Schaerbeek

Le troisième kamikaze identifié? Un testament retrouvé à Schaerbeek
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Le troisième kamikaze identifié? Un testament retrouvé à Schaerbeek - © FEDERAL POLICE - BELGA

Le troisième kamikaze des attentats de Bruxelles, qui s'est fait sauter en même temps qu'Ibrahim El Bakraoui à Brussels Airport, est Najim Laachraoui selon nos sources. Le parquet, contacté par nos soins, ne confirme pas l'information. Najim Laachraoui était déjà soupçonné d'être l'artificier des attentats du 13 novembre 2015.

Les attentats perpétrés dans l'aéroport de Zaventem et la station de métro de Maelbeek ont fait, selon un nouveau bilan, 31 morts et 300 blessés. Ces chiffres restent provisoires à l'heure actuelle, 61 personnes se trouvent toujours aux soins intensifs.

Les deux premiers kamikazes déjà identifiés plus tôt dans la journée

Le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw a bien confirmé qu’Ibrahim El Bakraoui a servi de bombe humaine "à hauteur de la rangée d’enregistrement 11" à l'aéroport de Zaventem. Une bombe qui a fait 10 morts et une centaine de blessés. "Il a été identifié à l'aide de ses empreintes digitales". Il était l’homme au centre de la photo capturée par les images de caméra surveillance.

L'autre frère, Khalid, qui a aussi été identifié via ses empreintes, est quant à lui le kamikaze qui a perpétré le carnage dans le métro à la station Maelbeek. L'explosion a fait une vingtaine de morts et plus d'une centaine de blessés.

Le troisième individu sur la photo n'est pour l'instant pas identifié. Il reste activement recherché: "Il a déposé un grand sac puis il est parti avant les explosions. Son sac contenait la charge explosive la plus importante. Peu après l'arrivée des services de déminage de la Défense, ce sac a explosé en raison de la grande instabilité des explosifs. Aucune personne n'a été blessée".

Frédéric Van Leeuw confirme également qu'aucune arme de guerre n'a été trouvée à l'aéroport.

Ibrahim El Bakraoui arrêté en Turquie en juin 2015

Ibrahim El Bakraoui avait été arrêté en juin 2015 en Turquie et expulsé, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan ce mercredi après-midi.  

"Le kamikaze Ibrahim El Bakraoui n'a pas été renvoyé vers la Belgique mais vers les Pays-Bas", rétorque le ministre belge de la Justice Koen Geens. "Il s'agit plus que probablement d'un renvoi par la Turquie à la frontière syrienne. A ce moment, la personne concernée n'était pas connue chez nous pour terrorisme, c'était un criminel de droit commun en liberté conditionnelle", a détaillé Koen Geens interrogé par la VRT. "Lorsqu'il a été renvoyé, ça aurait été, selon l'information que le parquet fédérale m'a communiquée, vers les Pays-Bas et non vers la Belgique", a ajouté le ministre belge.

Découvertes à Schaerbeek mardi soir

Suite à un contact avec un taximan qui a transporté les trois individus dans la matinée et contacté les services de police suite aux attentats, les forces spéciales ont perquisitionné un appartement de Schaerbeek dans l'après-midi: "Dans cet appartement, nous avons retrouvé tous les éléments pour fabriquer des bombes parmi lesquels, 15 kilos de TATP (le même explosif qui a servi lors des attentats de Paris le 13 novembre), 150 litres d'acétone, 30 litres d'eau oxygénée, des détonateurs ainsi qu'une valise remplie de clous et de vis", a précisé Frédéric Van Leeuw.

Dans une poubelle en rue à proximité de l'appartement, les enquêteurs ont également trouvé un ordinateur portable dans lequel se trouvait deux testaments, un écrit, un oral, laissés par Ibrahim El Bakraoui: "Il y explique agir dans la précipitation, ne plus savoir quoi faire, être recherché de partout et risquer de terminer sa vie en prison s'il ne fait rien", cite le procureur fédéral.

L'arrestation de Salah Abdeslam et la diffusion du portrait d'Ibrahim El Bakraoui par les autorités suite à la perquisition de Forest auraient-elles augmenté la pression sur le fugitif? Aucune référence explicite à Salah Adbeslam n'est faite dans ces testaments. Il y a toutefois une mention à propos d'un "frère" emprisonné. Ce frère pourrait être un troisième frère El Bakraoui, actuellement en prison. Les informations manquent encore de clarté pour le moment.

D'autres perquisitions ont eu lieu à Schaerbeek, une personne a été interpellée. Dans une autre perquisition, un autre individu a été arrêté puis relâché.

Conférence de presse conjointe

Le Centre de crise et le parquet fédéral organisait une conférence de presse à 13H00 pour faire le point sur l'enquête et les derniers éléments. Des représentants de l'OCAM, qui détermine niveau de la menace, et de la police étaient également présents.

Paul Van Tigchelt à la tête de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) a notamment confirmé le niveau 4 de la menace. Ce niveau a été relevé de 3 à 4 immédiatement après la première explosion à Zaventem: "Ce niveau a encore été confirmé lors de la réunion du centre de crise de ce mercredi matin".

Évaluation permanente des mesures de sécurité

Selon Alain Lefevre, directeur général du centre de crise, les mesures de sécurités sont prises pour minimiser tout risque dans tous les endroits stratégiques du pays: "Les transports publics à Bruxelles voient leur sécurité renforcée. Au niveau du rail, les gares sont ouvertes, sauf Bruxelles-Schuman. Le métro aussi fonctionne, mais seulement dans 14 stations ce mercredi avec contrôles aux entrées. Brussels Airport reste fermé jusqu'à nouvel ordre. Les autres aéroports sont ouverts mais les contrôles y sont également renforcés". La présence de la police et de l'armée a été renforcée dans tous les endroits stratégiques, mais aussi dans les centres urbains. " Alain Lefèvre a également souligné que le numéro d'urgence 1771 reste ouverte.

À la sortie du Conseil national de sécurité en fin d'après-midi, le ministre-président de la Région bruxelloise Rudi Vervoort (PS) a assuré que la fermeture du réseau souterrain des métros à 19 heures n'est en rien liée à de nouvelles menaces. Cette décision a été prise pour, dit-il, "des raisons de sécurité" et le "caractère opérationnel aussi de la capacité militaire et policière à mettre en œuvre". Il s'agit "d'assurer que cela puisse bien fonctionner dans les jours qui viennent".

Un bilan encore évolutif

Le corps d'une victime supplémentaire a été retrouvé mercredi après-midi à l'aéroport de Zaventem. Lors de l'enquête judiciaire en cours, un mur s'est effondré, a appris l'agence Belga de source fiable.

Alain Lelièvre a assuré que "la priorité est l’aide aux victimes et la sécurité de chacun. L’identification des victimes est en cours, mais il est impossible de communiquer un bilan définitif des victimes". Il précise qu’un nouveau lieu central de prise en charge des victimes sera ouvert dès 14H00, ce mercredi à l’hôpital militaire de Neder-Over–Heembeek. Les personnes y seront accueillies par des représentants médicaux, de la police et de la Défense. Le centre de crise demande de ne plus contacter les autres hôpitaux.

Catherine De Bolle, commissaire générale de la police fédérale a aussi expliqué que les restes humains trouvés à Zaventem ont été transférés pour identification vers l’hôpital universitaire de Louvain et les restes humains trouvés à la station Maelbeek sont transférés à l’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek.

"Des blessures de guerre" chez les victimes réparties entre les hôpitaux 

Alors que les familles cherchent toujours à obtenir des nouvelles de leurs proches et que les témoignages affluent, les services de secours ont constaté des brûlures et des mutilations importantes. Quelques blessures par balle, liées à des tirs à l'aéroport, ont également été référencées, de source médicale.

Les blessures liées aux explosions sont quand à elles de nombreuses brûlures et mutilations. "Ce sont des blessures de guerre qu'on n'a pas l'habitude de voir", a estimé mercredi la porte-parole de la Croix-Rouge Belgique Nancy Ferroni. "Ce sont des membres arrachés, des brûlures très graves, des personnes carbonisées, des éclats de métal dans le corps...".

Les bombes utilisées pour commettre l'attaque terroriste de mardi matin à l'aéroport de Zaventem contenaient des clous, selon plusieurs sources.

Les blessés ont été répartis dans toute la région bruxelloise mais également ailleurs dans le pays.

La difficile tâche d'identification des victimes

Plusieurs noms de victimes sont à présent connus. Pour ceux qui sont encore sans nouvelles de leurs proches, un nouveau lieu de prise en charge et d'informations a été ouvert à l'hôpital militaire de Neder-Over-Hembeek, a par ailleurs fait savoir le directeur général du Centre de crise.

Mercredi à 14h00, un nouveau lieu de prise en charge et d'informations pour les proches des victimes a été ouvert à l'hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek. "Nous appelons les personnes inquiètes à ne pas appeler tous les hôpitaux à la recherche de proches, mais à se rendre à l'hôpital militaire où elles seront prises en charge", a indiqué Alain Lefèvre, le directeur du Centre de crise du SPF Intérieur.

La police, en dehors des enquêtes et de la sécurisation de différents sites, travaille également sur l'identification des victimes. Trente personnes sont dévouées à cette tâche très rude: "On ne peut pas se permettre la moindre erreur. Nous devons être certains à 100%. Pour ce faire, nous avons deux types d'ateliers, explique Michaël Jonniaux, porte-parole de la police fédérale. D'abord le volet sur les données collectées sur la vie de la personne avant les attentats et un deuxième sur les données après les attaques. Nous allons sur les lieux récolter un maximum de données. Nous comparons les deux. Nous contactons donc les médecins et les dentistes pour les victimes belges et les comparons à nos relevés sur les sites des attentats. Pour les victimes étrangères, nous passons par Interpol (..) C'est très compliqué car nous avons affaire à des attentats avec des explosions particulièrement violentes. Les 40 nationalités rendent le travail encore plus compliqué. Nous mettons tout en oeuvre pour faire ça le plus rapidement possible et le mieux possible car les familles le méritent".