Accident Sierre: critiques de parents de victimes à propos de l'enquête

Les enquêteurs sous les critiques de certains parents de victimes
Les enquêteurs sous les critiques de certains parents de victimes - © GEORGES GOBET - Belga
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Plusieurs parents de victimes de l'accident de bus de Sierre ont de sérieuses objections sur la manière dont la justice suisse mène l'enquête. Ils ont fait part de leurs griefs à la ministre de la Justice Annemie Turtelboom, a indiqué vendredi soir dans son journal télévisé la chaîne flamande VTM. L'accident du 13 mars dernier avait coûté la vie à 28 personnes, dont 22 enfants.

Les parents estiment qu'un certain nombre de pistes ne sont pas examinées en profondeur. La possibilité d'un suicide de la part du chauffeur n'a ainsi, selon eux, pas été suffisamment vérifiée. Ils pensent également qu'un temps précieux a été perdu lors de l'opération de sauvetage.

Fin 2012, les parents des victimes ont pu voir les images de l'accident, qui ont posé plusieurs questions. Elles montrent ainsi l'absence d'arrivée des secours durant les 19 premières minutes.

Le dossier indique également que le chauffeur avait pris du Seroxat, un anti-dépresseur. Certains parents ont examiné les notes qui faisaient état de pensées suicidaires dans le chef de celui-ci. Selon eux, cette piste n'a pas été prise assez sérieusement par la justice suisse.

Les parents ont donc fait part de leurs doutes à la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. Celle-ci a transmis toutes les questions et attend des nouvelles de la justice suisse la semaine prochaine.

Le procureur du Valais défend l'enquête

Aucune piste n'est écartée, répond le procureur du canton du Valais Olivier Elsig. Le médicament doit d'ailleurs encore faire l'objet d'un rapport d'expertise. "Un expert a été mandaté pour répondre à certaines questions en rapport avec" le médicament décelé dans l'organisme du conducteur, "notamment dans quelles circonstances il prenait ce médicament, quelles étaient les doses et puis surtout quelle pouvait être l'influence de ce médicament sur la conduite."

 

Le procureur conteste aussi que les services de secours aient réagi trop tardivement, selon certains parents : "L'alarme a été enclenchée immédiatement, et dix minutes après le premier véhicule de police est arrivé et sauf erreur de ma part, 17 minutes après les premières ambulances étaient sur place, donc ce n'est pas un temps qui est important, au contraire."
Les critiques et les doutes des parents de victimes ont été transmis à la ministre de la justice qui attend des nouvelles de la justice suisse la semaine prochaine, avec la remise d'un nouveau rapport intermédiaire des enquêteurs.
 
T.N. avec Belga et Catherine Tonero

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