La Région wallonne souhaite racheter les maisons sur le tracé de l'autoroute Cerexhe-Heuseux-Beaufays

Le tracé de la liaison CHB et le terrain voisin de Jean-Marc Erniquin (droite), accompagné de Frédéric Falisse, du groupement StopCHB.
Le tracé de la liaison CHB et le terrain voisin de Jean-Marc Erniquin (droite), accompagné de Frédéric Falisse, du groupement StopCHB. - © RTBF

Dans les prochains jours, les riverains du projet de liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux-Beaufays vont recevoir une lettre de la Région wallonne pour leur demander s'ils désirent vendre leur maison ou terrain situés sur le tracé de cette possible voie rapide.

40 ans d'incertitude

Ce tracé passe par les communes de Chaudfontaine, Trooz, Fléron et Soumagne. Certains riverains vont sans doute accepter de négocier avec la Région wallonne, usés, fatigués, lassés par 40 années d'incertitude et de revirement politiques.

Mais d'autres comptent bien s'accrocher à leurs terres et à leur maison. C'est le cas d'une propriétaire d'un bois à Beaufays, qui serait coupé en deux par la liaison autoroutière. Ou encore de Jean-Marc Erniquin (photo), un habitant des hauteurs de Chaudfontaine, qui s'y est installé il y a 30 ans et qui a pour seuls voisins ses moutons. "J'ai acquis cette maison qui était une ruine et le notaire nous a avertis qu'il y avait un projet de liaison autoroutière mais que tout ça était complètement abandonné et qu'il ne fallait pas trop s'en inquiéter. Le dossier a donc suivi son cours comme tout le monde le connait et à un moment donné, on est passé à la procédure d'expropriation qui s'est arrêtée avec le changement de coalition au gouvernement. Depuis lors, nous n'avions plus de nouvelles" explique-t-il.

Un arrangement à l’amiable plutôt qu’une expropriation

Le projet stagnait jusqu'à cette annonce de la Région wallonne, qui se dit prête à racheter les maisons et terrains concernés. Il n’est donc plus question d'expropriation cette fois, mais d'un arrangement à l'amiable... Pour cet habitant, ça ne change rien à la donne. "Je vais simplement décliner l'offre car je n'ai aucun souhait de vendre ma maison dans l'état actuel des choses" confirme Jean-Marc Erniquin.

Et pourtant, si cette liaison est réalisée, il aura une vue imprenable sur le pont autoroutier qui doit enjamber la vallée. "Le tablier  du viaduc passe vraiment au-dessus de la maison qui est en plein sur le tracé".

Cela dit, si un budget d'acquisition a bien été prévu par la Région wallonne, le reste du financement est loin d'être bouclé. Or on parle au minimum d'un demi-milliard d’euros pour ce projet autoroutier de 12,5 km qui devrait compléter le ring autour de Liège. Cette saga de 40 ans n'est peut-être pas près de s'achever.

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