Secte OKC à Bruxelles: la défense estime le procès non fondé

Le palais de justice de Namur.
Le palais de justice de Namur. - © Flickr - isamiga76

Le procès a débuté en janvier devant le tribunal correctionnel après 18 ans d'instruction. Le fondateur et gourou de cette secte, Robert Spatz, est absent. C'est son avocat qui est à la barre pour contester de bout en bout les reproches du parquet et remettre en question les idées de lavage de cerveau et de séquestration affirmées par certaines victimes.

Parmi elles, des adultes d'une trentaine d'années qui ont vécu au sein de la secte alors qu'ils étaient enfants.

Les faits reprochés à la communauté d’inspiration bouddhiste OKC (Ogyen Kunzang Chôling) et à son gourou Robert Spatz sont sévères et nombreux : escroqueries, détournements, faux et usage de faux, séquestration ou encore par exemple abus sexuels sur des mineurs. Des faits reprochés par le parquet bien sûr, mais aussi par nombre de victimes venues pour la première fois témoigner pendant ce procès.

C’est ce que conteste d’abord et avant tout l’avocat du "gourou", Maître Quentin Wauters. "Ce sont les erreurs, commises à notre estime, par le tribunal correctionnel depuis le 4 janvier 2016 dans le cadre de la gestion des audiences qui doivent, selon nous, conduire effectivement à une nullité totale de la procédure pour essentiellement avoir, en fait, accepté que des personnes, qui n’avaient pas été entendues pendant 20 ans dans le dossier, se soient présentées le 4 janvier (une vingtaine de personnes) et que ces personnes aient été libres pendant un mois de déclarer tout ce qu’elles voulaient sans que l’on procède à aucune vérification, aucune analyse, aucune contradiction, et surtout que l’on interdise à la Défense de leur poser la moindre question."

Un rejet total, donc, des préventions alors que le parquet réclamait, lui, 13 ans à son encontre et des peines allant de 16 mois à 4 ans pour ses principaux adjoints au sein de la secte.

Un discours qui n'est absolument pas partagé par toutes les victimes, des anciens membres de la secte, qui l'ont accusé, devant le tribunal, de séquestrations d'enfants, et d'abus sexuels sur mineurs. "C’est conforme à la ligne de défense de M. Spatz depuis toujours qui ne nous convainc pas et nous y répondrons en réplique", a réagi Dimitri de Beco, avocat de victimes.

Et quand la partie adverse, la défense de M. Spatz, critique et considère qu’il y a irrégularité lorsque des témoignages sont apportés pendant l’audience… "Il est exact que beaucoup de victimes se sont manifestées tard, certaines cette année seulement à l’ouverture du procès. Mais il y a une raison à cela : il faut du temps pour prendre du recul, du temps pour dire ce qu’on a vécu. Tout cela a été expliqué et rien de tout cela n’entraîne une irrégularité des poursuites. Nous nous sommes expliqués là-dessus. Nous le ferons encore en réplique (...) A notre sens, il n’y a pas eu d’irrégularité dans la procédure, nous le maintiendrons. Nous avons d’ailleurs des arguments juridiques tout à fait solides à ce sujet."

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