Visiter un proche en prison devient très difficile à Jamioulx

Il faut arriver une à deux heures avant à l'entrée.
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Il faut arriver une à deux heures avant à l'entrée. - © Tous droits réservés

La galère ! Il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce que vivent les proches de détenus à Jamioulx. Ou peut-être "c'est la merde" comme le décrit cette jeune femme qui porte un bébé sur le ventre et un autre dans la poussette devant elle. "Je viens tous les jours voir mon mari en bus. On n'a pas le choix, on ne va pas les laisser seuls quand même!?".

Un engagement et une énergie bien nécessaire pour affronter les épreuves que constituent ces visites à Jamioulx. Les visites s'étalent de 10h à 15h15. "Avant, c'était plus simple, on pouvait venir plus tôt et plus tard dans la journée mais avec les nouveaux horaires c'est la merde" (NDLR : cette expression revient comme une certitude à laquelle s'accrocher).

Ceux qui travaillent doivent se contenter des visites le weekend. Et éviter de venir en bus parce que les samedis et dimanches, il n'y a qu'un bus toutes les deux heures. Et les horaires de visites ne correspondent pas à ceux des TEC. Les transports en commun sont pourtant bien nécessaires pour atteindre cette prison reculée de tout sur une hauteur verte en bordure de Charleroi.

Arrivent alors deux dames. L'une vient voir son fils, l'autre son neveu. Elles sont là pour la première fois. "Il est 14h et nous devons nous présenter à l'accueil pour la dernière visite de la journée. Parce que si on n'est pas dans les 21 premiers, il n'y a plus de place. Moi je suis pensionnée", lance la plus âgée, "mais je ne sais pas comment font les autres qui travaillent."

Pour Jenny, la visite est terminée. Elle vient deux fois par semaine voir son fiancé. "Le pire c'est quand on arrive et qu'on nous dit que c'est plein. Là, on est en colère... mais on ne peut rien faire. On a déjà signaler que ça n'allait pas, que c'était le bazar là-haut". Jenny montre du doigt l'imposante prison située légèrement en hauteur par rapport à l'entrée. "Là-haut" Deux mots qui révèlent l'impuissance de ces familles obligées de se plier à un règlement administratif qu'elles ne comprennent pas.

Derrière les murs, le changement horaire est plutôt bien perçu. "C'est plus efficace pour les gardiens et pour les détenus", nous confie un délégué syndical." Ça permet de ne plus avoir les heures de préau en même temps que les visites. Comme ça les détenus arrivent plus vite au parloir." Deux visions, deux mondes qui ne se comprennent pas. "Il faudrait des visites en permanence". Là c'est un homme qui m'interpelle, visiblement agacé. Il est assis sur le bord du trottoir en attendant le bus. Il est venu voir son frère. "Il faudrait pouvoir venir quand on veut, c'est tout ce que j'ai à dire".

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