Verviers: le président du CPAS se fait rappeler à l'ordre par Eliane Tillieux

Pour Eliane Tillieux, il est inacceptable d'obliger les étrangers récemment arrivés à apprendre le français.
Pour Eliane Tillieux, il est inacceptable d'obliger les étrangers récemment arrivés à apprendre le français. - © Belga
Rédaction RTBF

La ministre wallonne de l'Intégration sociale, la socialiste Éliane Tillieux, juge inacceptable le projet du libéral Freddy Breuwer d'obliger les étrangers récemment arrivés à apprendre le français, une condition indispensable pour percevoir le revenu d'intégration sociale.

L'initiative du nouveau président du CPAS de Verviers fait polémique. Jusqu'au parlement Wallon, où en réponse à une question de la socialiste verviétoise Muriel Targnon, la ministre de l'Intégration sociale a estimé ce projet inacceptable, tout en dénonçant la dérive du discours MR sur l'intégration. Elle a invité les personnes qui souffriraient de la mesure à porter leur cas devant le tribunal du travail et le Centre pour l'égalité des chances et de lutte contre le racisme.

Freddy Breuwer a tenu à réagir à ces critiques virulentes. Dans un communiqué, il estime agir dans le cadre de la loi. A ses yeux, il s'agit également d'une question de nécessité et de bon sens. "Comment vivre de manière épanouie si l'on ne peut communiquer avec les personnes qui nous entourent?", fait-il remarquer.

L'ASBL Lire et Ecrire et le CPAS de Liège dénoncent la démarche

Le directeur de l’ASBL "Lire et Ecrire", Hugues Henry, et le président du CPAS de Liège, Claude Emonts, ont dénoncé jeudi le projet de Freddy Breuwer.

Claude Emonts (PS) n'a jamais caché qu'il était favorable au caractère obligatoire de ce genre de cours mais la sanction de cette obligation ne peut passer par "une privation de la dignité humaine via la suppression du revenu d'intégration sociale", a-t-il expliqué dans un communiqué co-signé par Hugues Henry.

A leurs yeux, mettre en œuvre une telle obligation implique en outre d'étoffer l'offre de cours de français destinés aux primo-arrivants, qui est largement insuffisante.    

"Si l'on suit le raisonnement de Freddy Breuwer, un certain nombre de personnes primo-arrivantes qui seraient volontaires pour suivre des cours de français risqueraient de se voir retirer leur revenu d'intégration par manque de place. Nous considérons donc que le positionnement de Freddy Breuwer est simpliste et inacceptable", ont-ils ajouté.
     

Marc Hildesheim


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