Ce changement s'accompagne aussi du départ du fondateur Michel Petit qui reste néanmoins actionnaire. Il y a 27 ans, c'est en bottes et en salopette qu’il arpentait la cour de sa ferme. Aujourd'hui le site n'a plus grand chose d'agricole : un restaurant, un magasin, des bureaux, un parking et l'homme en costume trois pièces et chaussures cirées, n'a plus vraiment la dégaine d'un cultivateur. "Je me rappelle, les 20 premiers foies gras et les 20 premiers magrets ont été vendus assez facilement mais les 40 cuisses, nous les avons mangées en famille et donc on savait que la semaine suivante, il y avait 40 canards et toute la famille a vite fait l’addition : ça faisait 80 cuisses, parce qu’à l’époque, la cuisse confite était très peu connue".
La petite société va rapidement se développer sur un concept : proposer un foie gras frais alors qu'en 1985 on ne trouve que des conserves en Belgique. Upignac change le goût et attire le consommateur. Jusqu'à devenir numéro un Belge.
"L’entreprise s’est bien développée sur le marché belge et aux Pays-Bas et Luxembourg. Pour l’international un peu plus loin, il y a encore beaucoup à faire et c’est dans ce cadre-là que nous avons pris notre décision".
Fini donc la société familiale. Le groupe appartient désormais à des investisseurs belges qui vont injecter 8 millions d'euros mais sans perdre le caractère artisanal, promet Michel Petit qui quitte la direction. "Avec les armes nouvelles que nous avons, les Français doivent savoir que les petits Belges sont toujours là et plus que jamais".
Bruno Schmitz




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