Trop d'églises à Charleroi? En tout cas pas assez de moyens pour les entretenir

L'église Saint-Antoine de Padoue à la Ville Basse, à deux pas de Rive Gauche, fait partie des églises qui ont besoin d'être rénovée d'urgence.
L'église Saint-Antoine de Padoue à la Ville Basse, à deux pas de Rive Gauche, fait partie des églises qui ont besoin d'être rénovée d'urgence. - © D. Barbieux - RTBF

Y a-t-il trop d'églises à Charleroi ? Ce qui est sûr, c'est que les 38 églises catholiques, que compte le territoire de la Ville de Charleroi, manquent cruellement de moyens pour rester en bon état. Parmi elles, un tiers se dégrade dangereusement. Pour les cas les plus critiques, ce sont les plafonds qui s'effondrent ou encore des contreforts qui se détachent des façades.

Aujourd'hui, 5 ont déjà été interdites d'accès pour des raisons de sécurité. Et si cela continue, d'autres pourraient suivre le mouvement dans un avenir proche.

Une situation qui s'explique par le manque d'investissement politique depuis ces 40 dernières années. C'est du moins l'avis de Luc Lysy, doyen principal de la région de Charleroi : "Il y a un certain nombre d'églises sur lesquelles, dans les dernières dizaines d'années, on n'est pas intervenu quand des problèmes se posaient. On est pas intervenu vite assez. Du coup, ces bâtiments-là se dégradent"

Des budgets limités, pas de place pour les imprévus

Les Fabriques d'Eglise gèrent ces édifices. Mais qu'elles soient propriétaires ou non, leur fonctionnement dépend principalement des subsides qui leur sont accordés. Les collectes et les éventuels dons privés viennent en complément. 

Les budgets sont serrés, nous confesse le doyen Lysy. Il n'y a pas de place pour les imprévus : "Dans une Fabrique d'église, on ne peut pas transposer d'un poste à un autre des sommes d'argent qui avaient été prévues à tel poste. Tout ça est très réglementé. Par ailleurs, la Fabrique n'a de subsides qu'en fonction de ce qu'elle prévoit dans un budget. Et si un problème survient au mois de juin et que le budget a été fait au mois d'août de l'année précédente, elle n'a pas pu prévoir que ce problème allait se poser"

De son côté, la Ville rappelle qu'elle a hérité d'un patrimoine religieux important. Or, la pratique religieuse n'est plus ce qu'elle était : "Il faut savoir qu'un euro que l'on consacre à une église est un euro qu'on ne consacre pas à la rénovation des routes, à la rénovation des écoles,...", explique Eric Goffart, l'échevin carolo des Bâtiments, "et donc, il faut trouver des équilibres en fonction de l'utilité publique que cela représente. Après, faut-il remettre 38 églises à neuf, avec ce que cela pourrait représenter comme coût ? C'est ça la bonne question à se poser"

Un avis, semble-t-il, partagé par la communauté catholique. 

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir