Tournai : une marche pour lutter contre l'insécurité

Ils étaient près de 200 à marcher dans les rues de Tournai ce mardi soir.
Ils étaient près de 200 à marcher dans les rues de Tournai ce mardi soir. - Laurent Dupuis
Rédaction RTBF

Près de 200 personnes étaient présentes ce mardi soir dans les rues de Tournai. Elles marchaient pour demander plus de sécurité dans la Cité des Cinq clochers. Ceci fait suite à diverses agressions, qui ont tendance à se multiplier en centre-ville, dont surtout un viol commis il y a un mois le long du quai des Poissonsceaux.

Dans le même temps, à l'Hôtel de Ville, le groupe sécurité centre-ville de Tournai s'est réuni. À la sortie, le commissaire divisionnaire de la zone de police du Tournaisis, Philippe Hooreman, a rappelé d'emblée qu'il n'a pas émis d'avis défavorable quant à cette marche, même si la forme dans la demande n'y était pas. "Je peux comprendre le sentiment d'insécurité de plus en plus présent à cause du ramdam médiatique. Il y a des faits graves, parfois violents, mais nous n'en sommes pas aux coups de couteau ou règlement de comptes avec révolver."

"Et puis, il ne faut pas minimiser le travail de la police, nous faisons avec nos moyens", poursuit le commissaire divisionnaire, maintenant assis devant le bourgmestre Christian Massy (PS). "Nos policiers de chôment pas."

Un chiffre, au passage : 100. C'est le nombre de mandats d'arrêt décernés par an grâce au travail de la zone de police. "On dit qu'il faut plus d'hommes en soirée le week-end ? Nous renforçons déjà nos équipes. Vous savez, il y a des normes à respecter en termes de prestations le week-end et la nuit par an. Cette norme est déjà littéralement explosée au niveau de l'intervention et de la brigade canine."

Et de le commissaire de poursuivre : "Nous devons respecter les priorités. Il y a tout le travail au quotidien, nos missions se sont élargies, la charge de travail s'est alourdie, et il n'y a pas que l'insécurité dans le centre-ville de Tournai comme priorité. Nous devons respecter le plan zonal de sécurité qui fixe les priorités et qui est dessiné par le collège de police. Et puis, notre zone, ce n'est que le quartier festif de Tournai, il y a tout le reste de l'entité : Antoing, Brunehaut et Rumes."

Comment faire mieux avec les mêmes moyens ?

Pour rappel, la zone de police du Tournaisis est la plus grande du pays. Faut-il appeler le fédéral à faire de Tournai une zone mono-communale ? Il est un peu tard... Et puis, c'est mettre les partenaires de la zone dans l'embarras. Mais alors, pourquoi Ath et Mouscron sont-elles des zones de police mono-communales, et pas Tournai ?

Philippe Hooreman indique encore que la police travaille depuis plusieurs mois sur des pistes permettant de faire mieux avec les mêmes moyens. En quête d'efficience, la police attend également ses renforts. Un plan prévoit l'arrivée de quatre policiers par an, sur 4 ans, "ce qui permettra au moins de compléter le cadre minimal, minimaliste plutôt, de la KUL".

Le commissaire divisionnaire veut aussi des caméras, un dossier qui semble en bonne voie. Il en veut sur l'axe majeur, de la place de Lille à la gare, en passant par la Grand'Place, le quartier festif, la rue Royale et les quais. Philippe Hooreman est également en faveur des réseaux d'information de quartier, les RIQ. "Mais l'initiative doit venir du citoyen." La marche de ce mardi soir est peut-être un début.

Laurent Dupuis


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