L’accord, fort maigre – ont-ils trouvé – ne prévoyait pas la réduction du nombre de détenus. Or, c'est LA revendication principale des gardiens depuis le début du mouvement de grogne. L'administration proposait de négocier uniquement sur les conditions de vie à la prison, et éventuellement sur le cadre de travail, donc le nombre de gardiens. Rien sur la surpopulation carcérale.
Cet accord, les gardiens l'ont visiblement trouvé peu digeste. "C’était houleux, témoigne Laurent Lardinois (délégué CGSP). On a exposé au personnel ce que nous avons obtenu lundi. Clairement, c’est une défiance : ils n’ont plus confiance en l’administration pénitentiaire. Les agents ont donc refusé de suspendre leurs actions en vue des négociations. Ils ont d’ailleurs décidé de les continuer tous les lundis et vendredis, jusqu’au 15 août (date butoir)."
D’ici au 15 août, les agents veulent donc des accords signés ; des accords dans lesquels on retrouverait une augmentation du personnel ainsi que des dates précises pour les travaux…, précise encore le syndicaliste.
A noter que l’assemblée générale s’est terminée dans la confusion. Quelques agents ayant quittés l’AG avant de voter. "Le vote n’a pas été très clair", regrette Laurent Lardinois.
Les familles des détenus ont enfin pu rendre visite
Pendant que les négociations et le mouvement de grève continuent à la prison de Saint-Gilles, les familles des détenus sont inquiètes. Hier mardi, elles ont finalement pu rentrer au compte-goutte pour les visites après cinq jours sans nouvelles.
Ils sont plusieurs dizaines devant la prison : des hommes, beaucoup de femmes, et quelques enfants. Ici, tout le monde vit la grève de la même manière : ''ça se passe très mal. On a l’impression d’être nous-mêmes les détenus. On ne nous informe pas. On doit venir devant la porte de la prison pour nous entendre dire qu’il y a grève. On est mal informés.’’
''Il faut savoir que quand on attend tous dehors comme ça, on se sent autant prisonniers que les prisonniers qui sont à l’intérieur de cette prison’’ témoigne une maman.
''Mon cousin est jeune et je suis un peu inquiet pour lui, parce que la prison est un milieu dans lequel il peut rencontrer beaucoup d’influences qui ne m’emballent pas plus que ça. Ça porte bien son nom, c'est une prison, et ce n’est donc pas facile d’avoir des nouvelles de l’intérieur.’’
Soudain une voiture arrive. Il s'agit d'un transfert de détenu. Un policier cagoulé crie sur la foule pour qu'elle s'écarte. ''Sur le côté.’’
Et les esprits s'échauffent. Une femme qui attend lui lance : ''Va te cacher avec ta cagoule.’’
''Venez me le dire en face’’ répond le policier.
Les policiers cagoulés repartent, l'attente reprend. Devant la prison de Saint-Gilles, ils sont plusieurs dizaines. Tous reprochent à la direction de la prison de ne pas tenir compte d'eux.
''Les laisser attendre pendant des heures sans leur donner de nouvelles et comme si de rien n’était, je trouve que ce n’est pas digne des êtres humains.’’
Finalement la porte s’ouvre. La joie se fait entendre du côté des visiteurs. Après une longue attente, les familles ont donc finalement pu rentrer au compte-goutte pour les visites.
Florence Hainaut




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