Pollution de l'air à Bruxelles: il y a urgence selon le BRAL

Pollution de l'air: il y a urgence selon le BRAL
Pollution de l'air: il y a urgence selon le BRAL - © © Flickr Pittou2

L'air risque à nouveau d'être chargé en particule fine ce mardi. Hier après-midi, la situation s'était quelque peu améliorée mais aujourd'hui, vu les conditions météos défavorables, le seuil d'information pourrait une nouvelle fois être dépassé.

La qualité de l'air à Bruxelles, c'est un véritable enjeu de santé publique. Plusieurs Bruxellois ont d'ailleurs introduit une action en justice contre le gouvernement régional. Ils le tiennent pour responsables des manquements à la protection des Bruxellois contre la pollution de l’air et demandent dès lors au Tribunal de première instance d’obliger les autorités à établir un plan contre la pollution de l’air conforme aux règles européennes. La procédure est toujours en cours.

Des associations comme le BRAL, Mouvement Urbain pour Bruxelles, réclame également de leur côté des mesures fortes en faveur de la qualité de l’air. Nous avons posé trois questions à Liévin Chemin, membre du BRAL.

On est en train de vivre l’un des pires hivers de ces cinq dernières années en matière de pollution de l’air. Il est plus qu’urgent d’agir?

"Oui c’est clair. Mais c’est une urgence qui est méconnue parce que ça fait déjà des dizaines d’années qu’on souffre d’une pollution surtout automobile à Bruxelles qui est vraiment très importante. Et donc dans ce sens-là, il y a urgence maintenant d’une action politique coordonnée. C’est cela qu’on veut pour avoir des effets durables. Il ne faut pas penser que des petites mesures techniques vont pouvoir régler ça. C’est un effet global qui est nécessaire".

Le gouvernement bruxellois a présenté son plan Air-Climat-Energie au printemps dernier avec notamment des mesures anti-pollution. Pour vous c’est insuffisant?

"Si on veut atteindre ses objectifs, il faut se fixer un calendrier. Or précisément ici les mesures ne sont pas fixées dans le temps. Ou alors il est difficile de les évaluer. On sait que sur les quinze ou seize mesures qu’il y a, une seule est une mesure concrète (ndlr : la zone de basse émission dans laquelle les véhicules diesel de plus de 20 ans seront bannis) ou toutes les autres sont des mesures de monitoring ou d’information. Il y a aussi des mesures dans d’autres domaines. La mobilité : pourquoi met-on encore autant d’argent dans les tunnels qui invitent les voitures à Bruxelles au lieu d’investir dans le transport public ? En matière d’urbanisme : il faut supprimer l’offre excédentaire de parking qui attire aussi les voitures dans la capitale".

Là vous pointez du doigt la Région, mais c'est un problème plus vaste qui ne se limite pas aux frontières régionales?

"Je suis parfaitement d’accord. Ce qu’on essaye d’apprendre aux citoyens qui se mobilisent avec nous, c’est les différents niveaux de pouvoir qui sont intéressés. A la Région, on a la ministre de l’environnement Céline Frémault qui doit assumer ce risque et coordonner les actions. On a aussi Guy Vanhengel, le ministre des finances, qui est chargé de réformer notamment la fiscalité automobile pour 2018. Mais on peut aussi aller vers le fédéral où via l’impôt des personnes physiques on encourage encore énormément les voitures de société comme complément de salaire. Il faut aussi envisager la capacité de négociation de la Belgique avec les industriels de l’auto sur leur niveau d’émission. Ça c’est l’actualité européenne. Enfin à l’échelon plus locale, les communes ont aussi leur rôle à jouer. Avec certains aménagements, on peut faire en sorte d’apaiser le trafic. Des communes comme Jette le font. La Ville de Bruxelles avec le piétonnier a lancé un signal pour l’hyper centre. Tout cela a un impact sur la qualité de vie et la santé des bruxellois".

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir