Parti "Islam": les Musulmans progressistes veulent un cordon sanitaire

Le relatif succès de la liste Islam à Bruxelles fait réagir les Musulmans progressistes.
Le relatif succès de la liste Islam à Bruxelles fait réagir les Musulmans progressistes. - © RTBF
Rédaction RTBF

L'élection, à Anderlecht et Molenbeek, de deux candidats du parti "Islam" n'en finit pas de susciter des réactions. Une pétition circule sur la Toile et vise à leur interdire de siéger. Celle-ci émane d’élus d’extrême-droite. Elle a déjà recueilli plus de 33 000 signatures. Aujourd’hui, une autre voix se fait entendre: celle des musulmans progressistes. Ils réclament un cordon sanitaire autour du parti.

Comme son nom l'indique, "Islam" est un parti islamiste. A Bruxelles, il a fait campagne notamment sur l'instauration de repas halal dans les cantines, et sur l'autorisation du port du foulard dans les écoles. Les deux élus travaillent à l'islamisation du pays. A long terme, ils se déclarent en faveur de la charia, la loi islamique.

A mille lieues de cette conception communautariste, il y a l'organisation Musulmans progressistes. Dont les membres prônent exactement l'inverse: la laïcité, et le pluralisme. Le parti "Islam", ils le condamnent : "Le fait d’être liberticide, de vouloir cliver les citoyens et de les monter les uns contre les autres… Pour nous, c’est un parti d’extrême-droite !", déclare Fouad Benyekhlef.

Interdire le parti serait contreproductif, pensent malgré tout les Musulmans progressistes, qui appellent en revanche à ne pas dialoguer avec lui. Ils invitent les cadres de la communauté musulmane à s'en distancier clairement. "Il est important que, par les actes, c’est-à-dire en se dissociant ou en montrant bien qu’il n’est pas le choix de la communauté musulmane, cela permette à l’opinion publique de bien comprendre que ceci n’est pas le fait d’une communauté mais le fait d’une frange qui, en réalité, n’a rien à apporter mais plutôt tout à détruire."

Les Musulmans progressistes s'engagent à passer au crible les tracts et discours. Et à introduire une plainte, le cas échéant.

Barbara Boulet


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