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Libération de Michelle Martin: le parquet se pourvoit en cassation

REGIONS | Mis à jour le mardi 31 juillet 2012 à 16h57

  • Le tribunal d'application des peines de Mons a répondu favorablement à la demande de libération conditionnelle de Michelle Martin. Cette dernière ira dans une communauté monastique, le monastère des Clarisses, à Malonne. Le parquet a décidé de se pourvoir en Cassation. Elle ne sortira donc pas tout de suite.

    Le procureur général de la Cour d'Appel, Claude Michaux, a décidé de se pourvoir en Cassation contre la décision du tribunal d'application des peines. Ce pourvoi étant suspensif pendant 30 jours, Michelle Martin ne pourra pas sortir tout de suite.

    Interrogé en début d'après-midi, Claude Michaux déplorait la décision du tribunal. "J'avais voici un an déploré cette situation et rien n'a changé. Si j'en avais la possibilité, j'aurais fait appel car si je ne suis pas opposé à une libération en soi une fois que les conditions sont remplies, j'estime que la libération conditionnelle devait être précédée d'un congé pénitentiaire. La libération est précipitée à ce stade."

    Certaines victimes, elles, avaient déjà annoncé un recours. "Nous avons introduit un pourvoi juste après que la décision a été rendue. Nous rédigerons le mémoire ultérieurement car nous n'avons pas encore reçu le jugement. C'est un peu comme si j'allais annoncer dans un hôpital que mon frère était blessé mais en son absence", a commenté l'avocat de Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez.

    Me Georges-Henri Beauthier n'est pas surpris par la décision rendue mardi par le TAP mais s'interroge sur les conditions imposées par le tribunal. "Nous ne sommes pas contre une libération mais pas à n'importe quelles conditions. Concernant l'indemnisation, rien ne semble vraiment prévu. Michelle Martin travaillerait et se verrait en échange offrir le gîte et le couvert. On appelle cela du travail au noir", a déclaré l'avocat.

    Comme la loi ne prévoit pas un pourvoi en Cassation des parties civiles, ce recours sera probablement déclaré irrecevable. Ce qui permettra aux victimes de s'adresser à la Cour européenne des droits de l'homme, tous les recours étant épuisés en Belgique.

    En théorie, le détenu dispose lui-aussi d'une possibilité de recours (15 jours théoriques). Peu envisageable, puisque Michelle Martin a vu sa demande accordée.

    Une libération sous conditions

    Ce mardi matin, le tribunal d'application des peines de Mons a accordé une libération conditionnelle à l'ex-femme de Marc Dutroux. Le tribunal justifie sa décision par le faible risque de récidive, par l'attitude respectueuse de Michelle Martin vis-à-vis des familles des victimes mais s'appuie aussi sur les rapports psychosociaux positifs qui ont été rédigés par les différents services concernés.

    La libération de Michelle Martin se fait donc sous conditions. Parmi celles-ci, on retrouve l'obligation de ne pas commettre d'infraction, d'habiter à une adresse fixe connue, de poursuivre les indemnités et l'interdiction d'entrer en contact avec les victimes (et de résider en province de Luimbourg ou de Liège). Tout contact avec les médias est proscrit. Michelle Martin se voit également contrainte de suivre un accompagnement psychologique.

    En contre-partie de ces conditions, l'ex-épouse de Marc Dutroux pourra résider au monastère des Clarisses, à Malonne. Elle y sera nourrie et logée mais devra y travailler 4 heures par jour, à raison de 5 jours par semaine.

    Le monastère des Clarisses s'explique

    Les soeurs de Malonne ont expliqué via communiqué leur décision. "Notre chemin communautaire a croisé celui de Madame Martin à travers la demande de ses avocats. Ce fut un défi pour nous, bouleversées que nous étions par l'horrible souffrance des victimes et de leurs familles qui ont traversé l'enfer que l'on sait", peut-on lire dans ce communiqué.

    Les sœurs précisent avoir cherché à vivre au mieux cette tension. "Comment porter ces deux réalités à la fois ? Ce ne fut pas facile... Notre coeur de femmes en a été troublé. Nous avons choisi d'accueillir ces deux souffrances l'une avec l'autre."

    Les membres de la communauté du couvent de Malonne précisent aussi que chacune d'elles a pu débattre avec franchise du sujet. Reste que les sœurs ont dit oui à la venue de Michelle Martin à deux conditions : que la justice soit respectée et qu'une réinsertion soit envisageable.

    La cinquième demande

    C'est la cinquième fois qu'une libération de Michelle Martin était analysée. Mais, selon son avocat, elle ne l'a demandé elle-même qu'à deux reprises.

    Des demandes d'examen en vue d'une éventuelle libération conditionnelle sont introduites périodiquement par les directeurs d'établissements pénitentiaires, explique Me Moreau. "En ce qui concerne Mme Martin, nous n'avons proposé quelque chose de concret qu'à deux reprises", précise-t-il.

    Elle a été condamnée en 2004 à 30 ans de prison par la cour d’assises d'Arlon. Michelle Martin a notamment été reconnue coupable d'avoir séquestré Julie, Mélissa, An, Eefje, Sabine et Lætitia.

    Comme elle a déjà purgé un peu plus de la moitié de sa peine, l’ex-épouse de Marc Dutroux était en droit de demander une libération sous conditions.

    L'an dernier, son projet de reclassement dans une communauté religieuse en France était vite venu aux oreilles du ministre français de la Justice. Celui-ci avait refusé la demande.

    L'avocat de M. Martin: "essayer de se racheter"

    Maître Thierry Moreau, avocat de Michèle Martin, estime aujourd'hui que sa cliente est prête à sortir de prison. Nous avons recueilli sa réaction ce matin. "Tous les acteurs qui l’on entourée ont pu constater que c’est quelqu’un qui s’est d’abord déconstruit puis reconstruit, avec l’aide des personnes présentes en détention et qui l’ont encadrée (…) Je crois vraiment que la femme qui sort aujourd’hui n’est pas la femme qui est entrée en 1996."

    Cela dit, précise Maître Moreau, rien n’est effacé. "Pour Mme Martin, rien n’est effacé. Elle le dit d’ailleurs elle-même : sa culpabilité la poursuivra jusque dans la tombe. Mais elle ne sait plus rien rattraper. La seule chose qui reste à faire, c’est d’essayer de se racheter."

    RTBF

    Derniers commentaires

    • de Pedro Perrito Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Belgique... On y marche sur la tête depuis que les lobbys "politiquement correct" y ont pris les rênes de la justice, des médias et de la politique…

      31-07-2012 10:24 | Répondre

    • de ise Quel drame pour les victimes et les parents. Quelle honte pour la justice. Je ne voudrais pas être dans la peau de ceux qui ont pris cette décision en interprétant la loi comme ils le désiraient. Et on s'étonnera dans quelques années de découvrir que son casier a de nouveau été blanchi et qu'elle pourra recommencer de telles atrocités. On en a vu les conséquences avec les dossiers Dutroux et Fourniret mais nos hommes politiques n'ont toujours rien compris. Il est évidemment plus facile d'aboyer sur tout pour avoir des voix que de réfléchir et décider aux vrais problèmes de la société. Cette décision ne fera en tous cas pas honneur à notre pays.

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de smarty51 Elle et son ex-mari, savent tant de choses, entre-autre sur des personnes encore en place qu'elle aura tout ce qu'elle demande. C'est un "deal" de l'époque du procès, that's all ! En Belgique, il y a deux justices : l'avocat qui connait bien la loi et l'avocat qui connait bien le juge. Pauvre petit pays, abandonné par ses politiques. Et ils osent encore solliciter nos voix. Sans gêne !!!!

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de blabla Tout simplement honteux et scandaleux. Elle était aussi coupable que lui puisqu'elle connaissait ses agissements et en tant que mère et institutrice !!! elle est vraiment impardonnable. Qu'elle aille dans un monastère mais dans une cellule de réflexion et surtout avec interdiction de mettre un pied en dehors de l'établissement.

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de mamycarolo c'est scandaleux, incompréhensible...Un coup dur en plus pour les Parents des enfants qu'elle a lâchement laissés mourir dans des conditions atroces.

      31-07-2012 10:18 | Répondre

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      31-07-2012 10:24 | Répondre

    • de ise Quel drame pour les victimes et les parents. Quelle honte pour la justice. Je ne voudrais pas être dans la peau de ceux qui ont pris cette décision en interprétant la loi comme ils le désiraient. Et on s'étonnera dans quelques années de découvrir que son casier a de nouveau été blanchi et qu'elle pourra recommencer de telles atrocités. On en a vu les conséquences avec les dossiers Dutroux et Fourniret mais nos hommes politiques n'ont toujours rien compris. Il est évidemment plus facile d'aboyer sur tout pour avoir des voix que de réfléchir et décider aux vrais problèmes de la société. Cette décision ne fera en tous cas pas honneur à notre pays.

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de smarty51 Elle et son ex-mari, savent tant de choses, entre-autre sur des personnes encore en place qu'elle aura tout ce qu'elle demande. C'est un "deal" de l'époque du procès, that's all ! En Belgique, il y a deux justices : l'avocat qui connait bien la loi et l'avocat qui connait bien le juge. Pauvre petit pays, abandonné par ses politiques. Et ils osent encore solliciter nos voix. Sans gêne !!!!

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de blabla Tout simplement honteux et scandaleux. Elle était aussi coupable que lui puisqu'elle connaissait ses agissements et en tant que mère et institutrice !!! elle est vraiment impardonnable. Qu'elle aille dans un monastère mais dans une cellule de réflexion et surtout avec interdiction de mettre un pied en dehors de l'établissement.

      31-07-2012 10:19 | Répondre

    • de mamycarolo c'est scandaleux, incompréhensible...Un coup dur en plus pour les Parents des enfants qu'elle a lâchement laissés mourir dans des conditions atroces.

      31-07-2012 10:18 | Répondre

    • de Citoyen La justice a comme responsabilité première de protéger la société des méfaits de certaines personnes. Peut-on m'expliquer comment un certain nombre d'années en prison peut guérir quelque personne que ce soit de sa perversité ou de ses penchants criminels? On parle du devoir de mémoire, du respect des victimes...bla-bla que tout cela?

      31-07-2012 10:18 | Répondre

    • de jr Toute personne condamnée a droit à une chance, aussi abominable ait été son crime et ici il l'a été sans aucun doute. Une société ne progresse pas sur base de sanctions sans fin, une société doit parier sur l'apprentissage et le progrès des hommes (mais mettre en place des gardes fous, ce qui est le cas ici). Cela me semble une décision difficile à prendre, difficile à faire accepter,mais sans doute juste au vu des éléments en possession des personnes qui devaient prendre cette décision..

      31-07-2012 10:14 | Répondre

    • de Arnaud Q jr, Juste ? Trouvez-vous juste de réduire une vie humaine à un an de prison ? C'est pourtant cela dont il s'agit. J'entends votre plaidoyer pour un apprentissage et un progrès mais il me semble indécent de purger 8 ans pour de tels actes. 8 ans, ce n'est pas une sanction sans fin. Certains détenus purgent des peines plus longues pour des faites nettement moins graves. Allez donc expliquer aux parents des victimes que la vie de leur enfant a été jugée équivalent à un an de privation de liberté....

      31-07-2012 10:23 | Répondre

    • de mourjac je ne pardonne pas a ce genre de criminels .chance ou pas

      31-07-2012 10:32 | Répondre

    • de Jenny ... ou quand la Démocratie perd toute dignité et honneur par excès de démocratie ...

      31-07-2012 10:14 | Répondre

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