Lorsqu'il pénètre dans cet immeuble saint-gillois, le personnel de l'inspection régionale du logement comprend rapidement la situation. Frédéric Degives, son directeur, explique : ''ça c’est clairement un signe puisqu’on est dans un immeuble avec un rez-de-chaussée, plus trois étages donc il y a moyen de faire trois voire peut-être quatre logements dans l’immeuble mais en tout cas, certainement pas plus. Cependant, on constate qu’on a placé dix compteurs tout neufs à la cave. On comprend que le propriétaire a la volonté de faire dix logements. Ça c’est clair.’’
Surexploiter un bien pour en tirer un maximum de profit, et donc transformer quelques appartements en une dizaine de cages à poule insalubres. Dans l'une d'entre elles, un lit, un frigo et une assiette qui traîne encore. ''C’est vraiment honteux. Il n’y a pas de ventilation, il n’y a pas d’équipement, or les traces d’occupation sont évidentes. Et je peux vous dire, on a beau faire ça depuis huit ans, des situations comme celles-là continuent à nous choquer.’’
Mais sans l'intervention du parquet, l'inspection du logement n'aurait pas pu faire grand-chose. Elle doit prévenir le propriétaire de son passage une semaine à l'avance et par recommandé. L'idée du secrétaire d'état au Logement, Christos Doulkeridis, est donc d'étendre ses compétences. ''L’objectif est de faire en sorte qu’on permette à l’inspection du logement avec une ordonnance de police et uniquement évidemment pour les cas où il y a des suspicions très claires de comportements frauduleux, de comportements de propriétaires qui ont déjà prouvé qu’ils se comportaient en marchands de sommeil de pouvoir intervenir sans l’intervention du parquet.’’
La propriétaire qui a trois autres immeubles dans le même état risque la prison ferme, et jusqu'à 100 mille euros d'amende.
Laurence Brecx avec Fabrice Gérard




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)







