Michelle Martin qui a vu sa demande de libération conditionnelle accordée en début de semaine par le tribunal d’application des peines de Mons. Hormis quelques injures et un écœurement presque palpable, la marche s'est déroulée dans le calme.
C'est une mère de famille liégeoise qui a initié ce rassemblement, un rassemblement qu'elle a voulu pacifique. Le groupe Facebook créé pour l'occasion compte plus de 7500 membres, tous invités à porter ce matin du blanc – pour le respect vis-à-vis des victimes – et du noir pour dire non à l'arrivée potentielle de Michelle Martin à Malonne (potentielle puisqu’un recours a été introduit par le parquet).
Au coup d'envoi de la marche, on comptait près de 300 personnes, rassemblées sur la place du Fond de Malonne. Un cortège qui s'est un peu gonflé par la suite. La police évoque, elle, près de 500 manifestants. Les participants ont emprunté la rue des Monastères et ont fait le tour du pâté de maisons pour revenir au point initial. Ils ne sont pas passer devant le monastère mais plutôt en contrebas. Certains ont bien envisagé passer outre l'interdiction, mais en vain.
Le cortège était encadré par un dispositif policier. "On a mobilisé une trentaine d’agents de la police locale, déclare Maxime Prévot (bourgmestre de Namur). On a également un contact pour disposer d’une réserve d’intervention fédérale le cas échéant. L’essentiel c’est d’avoir des agents aux différents carrefours de façon à orienter au mieux le cortège et éviter tout débordement, notamment lorsque l’on se rapprochera du couvent."
La marche s'est déroulée dans le calme, à l'exception de quelques individus - très indignés - qui ont lancé des injures à destination des sœurs Clarisses et de la justice. Lorsqu'on évoque avec les manifestants les raisons qui les ont poussées à se mobiliser, la plupart nous parlent des blessures de 1996 (affaire Dutroux), qui se sont subitement rouvertes à l'annonce de la libération de Michelle Martin. Certaines pancartes à l'effigie de Julie et Mélissa ont d'ailleurs été brandies.
Les soeurs ne changeront pas d'avis
Contactées par la RTBF, les soeurs Clarisses se disent bien conscientes de l'émoi que suscite leur décision d'accueillir Michelle Martin lorsqu'elle sortirait de prison. Les soeurs ne souhaitent d'ailleurs pas trop commenter ces décisions, mais elles l'affirment: elles ne changeront pas d'avis. En d'autres mots, Michelle Martin sera bien accueillie au couvent de Malonne si elle est libérée dans quelques jours.
Parmi les adultes présents dans le cortège, bon nombre se voient replonger 16 ans en arrière. "Quand j'ai entendu Jean-Denis Lejeune aux infos, je me serais crue en 1996, témoigne une manifestante. J'ai beaucoup pleuré, je suis en colère." Au travers de cette libération, beaucoup revivent une douleur qu'ils croyaient appartenir au passé. "On revit ce qu'il s'est passé en 1996 mais la douleur vient également de ce qu'il se passe aujourd'hui. Je ne vois pas pourquoi on libère Michelle Martin."
Plusieurs autres manifestations sont prévues, ce weekend notamment. Le bourgmestre a décidé de ne pas les refuser a priori pour éviter que la tension ne grandisse encore un peu plus. "On ne souhaite pas particulièrement que le village soit agité par une succession de manifestations. En termes de gestion des risques, la police et moi-même estimons qu’il est préférable de permettre le déroulement de ces manifestations en les encadrant correctement ; plutôt que de les interdire, ce qui aurait augmenté le risque d’échauffourées et de réactions excessives."
Catherine Tonero




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