Meurtre homophobe: le suspect affirme avoir été violé par un homosexuel dans le parc d'Avroy

Meurtre homophobe: le suspect affirme avoir été violé par un homosexuel dans le parc d'Avroy
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Meurtre homophobe: le suspect affirme avoir été violé par un homosexuel dans le parc d'Avroy - © RTBF
Rédaction RTBF

Un meurtre dans la nuit de mardi à mercredi dans le parc d'Avroy, à Liège: la victime est un sexagénaire sans domicile fixe. L'auteur présumé des faits a été arrêté en fin de nuit. En aveux complets, il ne cache pas le caractère homophobe de son acte. Il devait être placé sous mandat d'arrêt pour assassinat. Il a expliqué aux enquêteurs qu'il en voulait à tous les homosexuels parce que, affirme-t-il, il avait été violé par l'un d'eux lors de l'été 2011 dans le même parc d'Avroy.

Mardi soir, le suspect a quitté son domicile à Malmedy et a gagné Verviers en auto-stop avant de prendre le train pour Liège. Il avait bien l'intention de se rendre dans le parc d'Avroy, endroit fréquenté par des homosexuels, dans le but de se venger, sans rechercher spécialement son présumé agresseur contre lequel il n'avait pas déposé plainte à l'époque.

Pour venir à Liège, il s'est muni d'un marteau de couvreur placé dans sa ceinture et ne comptait d'après lui s'en servir que s'il était victime d'une nouvelle agression. Il se serait d'ailleurs rendu au cours d'autres nuits dans ce parc mais il regagnait à chaque fois son domicile, sans assouvir son désir de vengeance.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'auteur présumé s'est assis sur un banc dans le parc d'Avroy, près de l'étang. La future victime, Jacques Konik, 61 ans, est venue s'asseoir à côté de lui et lui a fait des propositions homosexuelles. Il aurait répondu que cela ne l'intéressait pas et la future victime s'est éloignée. C'est alors, d'après lui, qu'il a décidé de tuer Jacques Konik, qu'il a rattrapé un peu plus loin et qui lui aurait à nouveau fait une proposition.

Il s'est emparé de son marteau, frappant la victime sur le crâne avec le côté pointu de son arme. La victime s'est effondrée et il lui a encore porté cinq coups sur le côté gauche de la tête, cette fois avec le plat du marteau.

L'auteur s'est alors éloigné. Le suspect s'est réfugié chez un ami, d'où la police a été prévenue. Il devait être écroué à la prison de Lantin et a exprimé des regrets après avoir pu s'entretenir seul à seul avec son avocat.

Le bourgmestre prépare un plan d'actions

A la suite de cette agression, le bourgmestre a rappelé qu'il préparait un plan d'actions spécifiques. Ce projet avait été lancé après l'assassinat à caractère homophobe d'Ihsane Jarfi, 32 ans, dans les bois de Nandrin, le 22 avril 2012.

Comme il s'y était engagé après l'assassinat d'Ihsane Jarfi, le bourgmestre Willy Demeyer a rencontré avec le chef de corps de la police locale, le 17 juillet dernier, des représentants de la Fédération Arc-en-Ciel Wallonie pour envisager avec ces derniers un plan d'actions spécifiques.

Une concertation portant sur les actes homophobes se tiendra à la rentrée au niveau du conseil zonal de sécurité, annonce le bourgmestre. "Il s'agira d'envisager d'étendre les actions "tolérance zéro en matière de violence conjugale" aux faits d'homophobie, selon l'ébauche du plan.

Le bourgmestre envisage également de former des agents référents dans les commissariats de quartier sur le modèle de ce qui se fait dans le cadre de la prévention des violences exercées à l'encontre des femmes ou de la violence familiale, "afin de pouvoir agir au mieux et au plus vite lorsqu'un problème est détecté".

La ministre de l'Intérieur et de l'Egalité des chances, Joëlle Milquet (cdH), se dit mercredi dans un communiqué "fortement choquée et préoccupée" par l'assassinat d'un sexagénaire homosexuel dans le parc d'Avroy à Liège. "Ces délits et crimes intolérables et abjects légitiment les mesures fortes prises depuis le premier trimestre" par le gouvernement, estime la ministre.

Le centre pour l’Égalité des chances devrait se constituer partie civile

De sont côté, le centre pour l’Égalité des chances envisage de se constituer partie civile. Son directeur, Edouard Delruelle, constate une montée des agressions homophobes: "On ne peut pas bien l'objectiver parce qu'on sait que les chiffres que nous avons de violence homophobe ne sont pas fiables, ils sont en-dessous de la réalité, c'est incontestable. Mais la perception que nous avons avec les associations, avec les acteurs de la justice et de la police, c'est qu'effectivement il y a aujourd'hui une recrudescence de violence homophobe, violence verbale et physique, et comme une sorte de "mode" -c'est horrible d'employer ce terme- de s'en prendre aux homosexuels de façon tout à fait gratuite et aveugle".

 

Belga, P. Scheffers


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