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Liège en Transition, mouvement citoyen

REGIONS | vendredi 11 janvier 2013 à 13h47

  • Le mouvement Liège en Transition vient de fêter sa première année d'existence. D'où vient ce mouvement, comment fonctionne-t-il, et quels sont ses objectifs?

    Rencontre avec Eric De Ruest

    Eric De Ruest est un des initiateurs et membres de Liège en transition. Il fait partie du groupe pilote de ce mouvement citoyen, de ce rassemblement de personnes conscientisées, autour de deux sujets principaux qui sont la cherté des énergies fossiles et donc le pic pétrolier, mais également les conséquences des changements climatiques.

    Histoire d’un engagement

    En 2006, Eric De Ruest  prend conscience de la raréfaction progressive et inévitable du pétrole (le pic pétrolier).

    Ce manque de pétrole peut être une bonne chose en terme écologique, par contre, à contrario, ce manque aura des incidences catastrophiques sur l’ensemble des sociétés parce que nous sommes, à 95%, dépendants du pétrole.

    Pise 2006, cinquième séminaire de l’ASPO  (Association for the Study of Peak Oil and Gas) qui est l'association pour l'étude du pic pétrolier et gazier.

    A ce séminaire se retrouvent des ingénieurs, des géologues, des scientifiques, des économistes, des spécialistes, des anciens directeurs de grandes compagnies pétrolières comme Shell, Total, BP,… Tous ces spécialistes cherchent à déterminer le moment où le pic pétrolier va survenir, et avec quelles conséquences sur l’économie mondiale.

     Pour l’ASPO, les prévisions de production du pétrole sont surévaluées pour des raisons boursières et politiques.  Les chiffres du pétrole sont manipulés. Les rapports des agences internationales de l’énergie sont faux. Donner la quantité de pétrole qui lui reste fait risquer à une compagnie pétrolière de voir ses actions s’écrouler, et, pour beaucoup de pays les chiffres du pétrole à leur disposition sont des secrets d’Etat. Ainsi on n’arrive pas à avoir la juste estimation des réserves de pétrole encore disponibles.

    Le pic pétrolier, ce n’est pas la fin du pétrole

    C’est la fin du pétrole bon marché. Et de nombreux indices indiquent que l’on arrive à la fin de ce pétrole bon marché.

    Le pétrole bon marché c’est un pétrole qui, comme au premier temps du pétrole, on plante une paille dans la terre, on a le pétrole qui gicle et on se retrouve avec un rendement où une calorie d’énergie investie donne 100 calories en retour.

    Ce pétrole-là commence à faire défaut. On a exploité tout ce qui était exploitable facilement et à peu de frais.

    C’est toute la problématique actuelle : aujourd’hui on est obligé d’investir de plus en plus d’énergie, de plus en plus d’argent pour maintenir, même pas augmenter, le niveau actuel d’extraction pétrolière. Avec tous ces puits qui se vident, on est obligé d’aller chercher du pétrole ailleurs. On parle évidemment de l‘Arctique, mais c’est très compliqué d’aller chercher du pétrole là où il y a de la glace. L’autre extraction extrêmement compliquée c’est l’extraction en haute mer. Et, ce qui est tout à fait significatif et révélateur aujourd’hui, c’est que l’Arabie Saoudite aujourd’hui commence à aller chercher son pétrole en haute mer. Et chaque nouvelle découverte de gisement fait les manchettes de la presse, car l’événement est de plus en plus rare. On n’a plus guère fait de grande découverte de gisements depuis les années 60.

    Il faut donc se tourner rapidement vers des solutions, des sources d’énergie alternatives.

    Rob Hopkins et les " villes en transition "

    A Pise débarque un petit monsieur avec les joues rouges, un air assez jovial, une chemise à carreaux.

    Cet homme s’appelle Rob Hopkins. Il enseigne la permaculture à Totnes, en Angleterre. Et il annonce avoir lancé l’initiative, les villes en transition, avec ses étudiants de l’université de Totnes pour mettre en place un plan de descente énergétique en 20 ans. Pour arriver à se passer de pétrole tout en maintenant un confort de vie largement suffisant.

    La permaculture, c’est la culture permanente.

    La permaculture est la conception consciente de paysages qui miment les modèles et les relations observés dans la nature, visant à obtenir une production abondante de nourriture et d’énergie pour satisfaire les besoins locaux. Les gens, leur habitat et la façon dont ils s'organisent, sont au centre de la Permaculture. La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature et non pas contre elle. Elle suit une éthique de base et donne des principes qui permettent une intégration harmonieuse des activités humaines au sein des écosystèmes. Wikipédia

     

    Les Villes en transitions se sont développées d’abord dans les pays anglo-saxons avant de faire boule de neige pour en arriver à plus de 800 initiatives de transition, essentiellement en Europe et aux Etats-Unis.

    " Face aux crises écologiques, énergétiques, sociales et économiques, au changement climatique, à la fin des énergies fossiles bon marché, le Mouvement des Initiatives en Transition propose de passer de l’indignation à l’action. Des citoyens se rassemblent pour réinventer leurs manières de faire société, de consommer, de se déplacer, de se nourrir, de se loger, de collaborer, de travailler, de prendre des décisions collectivement. " http://www.liegeentransition.be

     

    Le mouvement citoyen " Liège en transition " est officiellement créé en novembre 2011

    La salle du cinéma Le Parc ultra remplie lors de la projection du film " En Transition 2.0 " conforte le comité de départ dans son action. Ce film " In Transition 2.0 " relate les expériences de Transition appliquée depuis 2004 en différents lieux de la planète. On y découvre de petits territoires et des communautés locales qui impriment leur propre monnaie, qui produisent de plus en plus leur nourriture et leur énergie, qui relocalisent leur économie, qui reconstruisent du lien et de la solidarité…

    Les objectifs de " Liège en transition "

    - Communique sur ce qu’est la transition, sur la nécessité d’un changement d’organisation de la société, autour des énergies renouvelables, tout en diminuant la consommation des énergies fossiles.

    - Mettre en place une économie locale, résiliente. Créer une communauté qui, quoiqu’il arrive de l’extérieur, saura se remettre très vite. Aujourd’hui, avec une dépendance à 95% du pétrole, s’il y a un conflit important autour de l’approvisionnement du pétrole, Liège aura un problème sérieux. Il faut donc se passer au maximum du pétrole qui vient de loin et se fait rare et cher, et recréer une économie locale qui, finalement, pourra résister à des chocs extérieurs. Mais attention ce n’est pas de l’autarcie, un repli sur soi.

    La résilience (http://villesentransition.net)

    En écologie, le terme résilience fait référence à la capacité d’un écosystème à s’adapter à des évènements (chocs) extérieurs et des changements imposés.

    “La capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction.” Walker

    Dans le contexte des communautés humaines, il renvoie à leur capacité de ne pas disparaître ou se désorganiser au premier signe d’une pénurie par exemple de pétrole ou de produits alimentaires mais, au contraire, de répondre à ces crises en s’adaptant.

    Le groupe est structuré en différents groupes de travail

    Ces ateliers travaillent sur les différentes thématiques pratiques de la transition :

     

    + Un groupe travaille à la mise en place d’une monnaie alternative à Liège

    Cette monnaie servira à faire fonctionner le commerce de proximité. Ce sera une monnaie avec laquelle on ne pourra pas spéculer, mais simplement une monnaie permettant d’échanger des biens et des services au niveau local. Cette monnaie complémentaire s’appellerait " Le Valeureux ".

     

    + Un groupe travaille sur l’énergie 

    Comment mettre en place, à Liège, une production énergétique alternative aux énergies fossiles et non nucléaire ?

    Comment mettre en place des coopératives de production énergétique locale (Le solaire, la géothermie, le vent) ?

     

    + Un groupe travaille sur l’alimentation

    Il promeut la création de jardins collectifs et la fourniture des aliments dans un réseau de proximité.

    Il y a un grand projet qui est en cours actuellement, qui s’appelle " La grande ceinture verte de Liège ". Ce sont des producteurs maraîchers qui souhaitent mettre en place un réseau, tout autour de Liège, comme autrefois autour des grandes villes, pour produire de quoi alimenter la population liégeoise en légumes et céréales.

    L’Université de Liège est en train de mettre en place le projet " Verdir " : reconvertir deux bâtiments inutilisés d’ArcelorMittal, à Chertal et à Flémalle, en zones agricoles et piscicoles. Donc, on va commencer à utiliser des espaces en ville pour produire de la nourriture.

    A Québec, une partie des légumes utilisés par la cantine universitaire est cultivé sur le toit de l’université…

    Ce groupe propose également des stages pour apprendre à cultiver hors-sol.

     

    + Un groupe travaille sur la mobilité, gros problème à Liège

    Il étudie et promeut notamment le partage des voitures, la location de vélos. Il travaille à l’amélioration des infrastructures pour les usagers faibles.

    Un projet est en train de naître : une coopérative de services aux personnes âgées. Un service de livraison de médicaments, de courses, de colis en utilisant des vélos électriques.

     

    + Un groupe travaille sur l’habitat alternatif, l’habitat participatif, l’habitat groupé

    Aujourd'hui, de nouvelles façons d'habiter ensemble, de manière solidaire et écologique, entrent dans les mœurs mais aussi dans le projet politique de la RW. Voir http://www.rtbf.be/info/regions/detail_pour-en-savoir-plus-sur-l-habitat-alternatif?id=7904660


    Le mouvement " Liège en Transition " organise régulièrement des soirées d’information et différents stages pratiques et accueille volontiers toute personne concernée par cette problématique.

    Plus d’infos sur http://www.liegeentransition.be

     

    Philippe Jacquemin

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