"On soufflait des pièces à l’huile, au pétrole… Tout cela se vaporisait dans l’air." Les témoignages affluent dans cette arrière salle de café archi pleine, à quelques mètres seulement de l'usine où ces ouvriers et surtout ces ouvrières ont fabriqué des téléphones pendant de longues années.
L'objectif de la réunion est d'informer sur la grande question qui préoccupe les anciens de Bell Téléphone : les nombreux cas de cancer qui se sont déclarés depuis la fermeture sont-ils liés à la manipulation de produits comme le mercure ou le plomb ?
C'est l'enquête que devra mener le Dr Saskia Deceuninck (médecin généraliste). Une question à laquelle il ne sera pas facile de répondre. "Dans un premier temps, ce sera très difficile effectivement mais c’est malgré tout important de disposer de suffisamment de données médicales pour réaliser l’étude. Celle-ci aura pour objectif d’établir un lien entre le travail réalisé hier chez Bell Téléphone et les maladies d’aujourd’hui."
Sur 380 travailleurs avant la fermeture, 78 ont été atteints ou tués par le cancer. "Essentiellement des cancers des voies digestives, des cancers du sein et quelques cas de leucémie", déclare Willy Ray (ancien délégué syndical CSC).
Beaucoup d'anciens de Bell Téléphone ont évoqué les lacunes de l'époque en matière de sécurité. Chacun est reparti avec un questionnaire. C'est la collaboration de chacun qui permettra d'introduire un dossier au Fonds des maladies professionnelles.
Isabelle Palmitessa
Les 380 personnes de Bell Téléphone assemblaient des postes téléphoniques. Mais de grosses lacunes côté sécurité ont été signalées… Flickr – mrbill




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