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Les syndicats d'ArcelorMittal déçus de leur rencontre avec la direction

REGIONS | Mis à jour le jeudi 19 juillet 2012 à 9h31

  • Syndicats et direction d'ArcelorMittal se sont retrouvés ce mercredi après-midi au Centre Acier de Flémalle, en région liégeoise. Les organisations syndicales attendaient des réponses de la direction concernant les projets d'investissements qui leur ont été présentés la semaine dernière, pour un montant total de 136 millions. Les questions portaient notamment sur le volume de l'emploi, l'approvisionnement de la ligne à froid ou encore la recherche et développement.

    Les syndicats sont sortis déçus de la réunion. Pour eux, la direction d'ArcelorMittal reste floue et ne donne ni engagement clair, ni garantie ... autre que les circonstances du marché.

    "Le sentiment à ce jour n'est pas du tout positif" explique David Camerini, pour la CSC-Metal. "Les réponses sont toujours évasives parce qu'il leur faut un accord global mais je tiens à repréciser que la priorité absolue syndicalement, c'est le maintien d'une sidérurgie intégrée. Nous avons déposé un projet alternatif au gouvernement wallon le 5 juillet. Nous attendons vraiment un geste fort de la part de la Région pour trouver une issue favorable. Sinon on sait que le froid est fortement fragilisé et qu'il passera à la trappe".

    "Nous ne sommes pas satisfaits" confirme Jean-Luc Rader, pour les Métallos de la FGTB. "Nous avons rencontré la direction qui a répondu à certaines de nos questions, notamment concernant certains investissements, des budgets débloqués pour autant qu'il y ait un accord global. Qu'est-ce que ça veut dire? Si c'est entériner le fait qu'il y a 581 personnes excédentaires suite à la fermeture du chaud, c'est plus ou moins intégré mais si c'est intégrer d'autres paramètres, c'est non, il faudra en tout cas en débattre".

    "Les autres investissements, s'ils étaient réalisés, ce serait une bonne chose, on ne va pas dire le contraire mais à partir du moment où on dope nos outils, où on les rend plus performants, et qu'on est incapable de nous garantir la moindre tonne, ils ne servent à rien ces investissements. Si on n'a pas d'essence pour mettre dans le moteur, ça ne sert à rien" conclut le syndicaliste.

    De son côté, la direction d'Arcelor Mittal précise qu'elle a notamment apporté des précisions sur l'approvisionnement de Liège par le site de Dunkerque, et qu'elle poursuivra les discussions lors d'un prochain rendez-vous fixé à jeudi prochain.

    "Il faut donner à ce plan une crédibilité" selon Jean-Claude Marcourt

    Interpellé plus tôt dans la semaine au parlement wallon, le ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt a commenté les projets d’investissement du sidérurgiste. "Aujourd’hui, tout ce qui a été indiqué est beaucoup trop flou ! Il faut aller bien au-delà pour donner à ce plan une crédibilité."

    Et le ministre d’évoquer tour à tour les conditions d’approvisionnement, les investissements, la question de savoir comment charger les outils et dans quels délais, comment les développer aussi… Bref, conclut Jean-Claude Marcourt, "il y a encore beaucoup de travail à faire dans le schéma même d’ArcelorMittal."

    Par ailleurs, les autorités wallonnes attendent de la part du sidérurgiste qu’il démontre comment il compte tenir les engagements qu’il a annoncés aux travailleurs et, surtout, comment il va pouvoir les garantir dans la durée.

    A. Delaunois, Jacques Crémers, Françoise Dubois

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