Le mercato communal va bientôt commencer en prévision de 2018

Pour Régis Dandoy, c'est le moment pour positionner des candidats en vue des communales
Pour Régis Dandoy, c'est le moment pour positionner des candidats en vue des communales - © DR

Les prochaines élections communales n'auront lieu qu'en octobre 2018. Pourtant, dans les états-majors des partis, certains y songent déjà très sérieusement. Pour reconquérir telle commune perdue ou assurer la relève d'un bourgmestre en fin de carrière, certains ténors pourraient être invités à déménager. Le PS est sans doute le premier parti à évoquer ouvertement la question.

Le Ministre-Président (PS) Rudi Vervoort en parlait il y a peu. Pour le prochaine scrutin communal de 2018, il verrait bien l'actuel député fédéral Ahmed Laaouej se présenter à Jette plutôt que dans sa commune d'élection, Koekelberg. Dans cette dernière commune, le PS joue les utilités dans l'opposition. A Jette, où le bourgmestre CDH Hervé Doyen semble en perte de vitesse, les socialistes auraient un beau coup à jouer. Les communes bruxelloises bruissent de rumeurs en sens divers. Ainsi, la Schaerbeekoise Catherine Moureaux déménagerait à Molenbeek, commune que son père a dirigée pendant 20 ans et désormais soustraite à l'influence socialiste en 2012 (majorité MR-CDH-Ecolo). L'entourage de la députée bruxelloise ne dément pas formellement ce scénario, présenté comme une hypothèse parmi d'autres. Une autre option consisterait à faire déménager l'actuelle secrétaire d'état bruxelloise Fadila Laanan, sauf en cas de réconciliation avec son rival anderlechtois Eric Tomas.

A Ixelles, se pose la question de la succession de Willy Decourty, qui abandonnera le mayorat en décembre 2015 au MR. Toutes ces conjectures ne s'avèrent-elles pas prématurées? Ce n'est pas l'avis de Régis Dandoy, chercheur à l'UCL : "C'est exactement le bon moment. On se situe à plus ou moins trois ans des élections communales, dans une période où il n'y aura pas d'élections fédérales ou régionales. Il n'y a donc pas d'échéances pour lesquelles les partis devraient placer leurs pions. On peut voir tranquillement arriver les prochaines élections communales et essayer de dispatcher au mieux les candidats potentiels. Il ne faut pas oublier que les partis ne sont pas riches en candidats faiseurs de voix. Or, aux élections communales, les voix de préférence revêtent plus d'importance que pour les autres scrutins."

Le "parachutage" ne doit pas intervenir trop près de l'échéance électorale, sous peine d'apparaître comme un simple plan de carrière individuel. Trois ans, c'est une période suffisante pour s'implanter localement, rencontrer la population sur les marchés et les kermesses et s'imprégner des enjeux locaux. Outre les communes jugées stratégiques par les partis, qu'il faut conserver ou (re)conquérir, il importe aussi de pallier l'absence de relève lors du départ à la retraite d'un bourgmestre en titre. Peu de barons locaux se soucient en effet de mettre le pied à l'étrier d'un successeur potentiel, souvent perçu comme un rival. D'ici 2018, en tout cas, les partis disposent encore d'un peu de temps pour affiner leurs stratégies.

P. Carlot

 

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