10 000 manifestants sur la place communale de Seraing

A 10 heures, place communale
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A 10 heures, place communale - RTBF
Rédaction RTBF

Le personnel d'ArcelorMittal et de nombreux travailleurs solidaires se sont mobilisés ce mercredi matin pour dire non à la fermeture de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise. Au total, 10 000 personnes étaient présentes sur la place communale de Seraing. Vers 11 heures, le rassemblement a commencé à se disloquer dans le calme.

Ce mercredi matin était placé sous le signe de la solidarité et de la mobilisation du côté de Seraing. A l’appel du front commun syndical, les travailleurs d’ArcelorMittal se sont rassemblés sur la place communale pour dire non à la décision du groupe sidérurgique de fermer toute la phase liquide dans le bassin liégeois. Une décision qui met fin à plusieurs milliers d’emplois, directs et indirects.

Fermer la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise, c'est déjà ce que le groupe avait décidé en février 2003. Le rachat par Mittal et la relance en 2008 n'auront été que des espoirs de courte durée. Le patron anglo-indien de l'acier liégeois a finalement raisonné comme ses prédécesseurs.

Le rassemblement dans le détail

Dès 8H30, trois cortèges sont partis du centre Acier de Flémalle, de Ferblatil à Tilleur et le troisième du haut-fourneau d'Ougrée. Vers 10 heures, les cortèges sont arrivés au lieu de rassemblement, sur la place communale, au centre de Seraing. Le meeting a rassemblé plusieurs orateurs syndicaux (FGTB et CSC).

Parmi les intervenants, Francis Gomez, le président des métallos FGTB, qui a réaffirmé la volonté du maintien de la sidérurgie intégrée à Liège. Ceux qui l'on précédé à la tribune ont tenu le même genre de discours. Pierre Lépine, le président de la CSC Liège-Huy-Waremme, fustigeant l'attitude de Lakshmi Mittal, le patron du groupe sidérurgique, et appelant les politiques wallons. Marc Gobelet, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme a fait de même. Pour lui, les politiques ont un devoir moral, celui de se réapproprier la sidérurgie liégeoise. Quant à Jordan Atanasov, le président des métallos CSC, il a notamment expliqué qu'une fois le chaud fermé, ce serait le froid qui suivrait car pour lui, ce serait tout simplement la fermeture définitive du bassin liégeois.

Il n'y a pas eu d'intervenant politique. A la fin des discours, peu après 11 heures, le rassemblement s'est disloqué. Aucun débordement n'a été signalé.

Afin d'encadrer les manifestants, aucun policier fédéral ni d'autopompe n’a été mobilisé. Uniquement des policiers locaux des zones concernées: Seraing, Flemalle et Ans-Saint-Nicolas. Soit, en tout, une centaine d'hommes. La zone de police de Liège était également prête à intervenir en renfort. D'importantes mesures de circulation avaient aussi été prévues sur le parcours des cortèges et au centre de Seraing.

Au total, environ 10 000 personnes se sont rassemblées sur la place communale de Seraing, selon les syndicats et les forces de l'ordre.

Appel au calme

Le mot d’ordre avait été lancé par les syndicats au travers diverses assemblées générales ou réunions d’information avec les acteurs régionaux : il ne s’agit pas de casser ! ''Cela doit être une manifestation digne et calme'', a lancé Jean-Luc Rader (secrétaire régional FGTB métal).

Et effectivement, la situation était ce mercredi différente de 2003 ou 2009, à Luxembourg, le siège social d’ArcelorMittal, où l’on avait noté plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre. ''Ce n’est pas ici, à Seraing, que les centres de décision se trouvent. Ici, il faut montrer que la population se mobilise pour nous. Et ce n’est pas en lui faisant peur qu’elle nous rejoindra.''

Solidarité des travailleurs wallons

Plusieurs délégations de travailleurs wallons – voire étrangers (c’est le cas des ouvriers du site lorrain d’ArcelorMittal) – sont venus gonfler les rangs des manifestants. Ainsi, à Charleroi par exemple, 300 militants de la FGTB et de la CSC ont embarqué dans des cars tôt ce mercredi matin. Direction Liège. ''C’est important de marquer notre solidarité car ce qui arrive à Liège pourrait très bien arriver ailleurs'', a déclaré Daniel Piron (secrétaire régional de la FGTB).

Camillo D'Aloisio (permanent CSC métal), lui, est revenu sur l’effet domino qu’entraîne une telle fermeture : ''La situation n’est globalement pas meilleure en Hainaut. Il y a aussi des emplois qui se perdent tous les jours, non seulement dans la sidérurgie même mais aussi chez les sous-traitants.'' Exemples : chez Aperam ou aux tréfileries de Fontaine-l’Evêque. ''On doit rester vigilant !''

Solidarité des Sérésiens

A cette mobilisation générale des travailleurs sont également venus se joindre les habitants de la Ville. Les commerçants qui, pour bon nombre d’entre eux, ont fermé leur boutique ce mercredi. Les écoles de la région ont tourné au ralenti. Mais aussi les agents communaux qui ont été autorisés à quitter leur service le matin pour être aux côtés des métallos d’Arcelor.

Les réactions politiques

Politiquement aussi, cette fermeture de la phase à chaud a suscité de multiples interventions au parlement wallon mardi. Le ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, a répondu à une quinzaine d'interpellations et a indiqué qu'il souhaitait plus de clarté pour le froid. ''Je ne comprends pas qu’un groupe de cette importance ne vienne pas avec un plan industriel complet. Ils disent que le froid est un outil important (…) Nous sommes pourtant disponibles pour travailler avec eux afin de développer la filière à froid.'' Sans réponse jusqu’à présent.

Un conseil d’entreprise devrait avoir lieu fin de la semaine. Il devrait apporter quelques réponses à ce sujet. ''De mon côté, rappelle le ministre, je continuerai à garder contact avec les dirigeants. Nous avons besoin d’une vision à long terme de l’outil, du site.'' 

Xavier Van Oppens, M. Hildesheim, F. Louis, R. Hermans

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Les travailleurs d'ArcelorMittal ainsi que de nombreux manifestants venus témoigner de leur solidarité se rassemblent sur la Place communale de Seraing ce mercredi 26 octobre afin de protester contre la fermeture de la phase à chaud sur le site de Liège.


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