Le bug informatique a bien eu une influence sur les élections du 25 mai

Le bug informatique a bien eu une influence sur les élections du 25 mai
Le bug informatique a bien eu une influence sur les élections du 25 mai - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C'est ce qu'indique le rapport d'un collège d'experts chargé d'analyser le déroulement du vote électronique lors de chaque scrutin. Un rapport détaillé ce jeudi matin dans le journal Le Soir.

Deux semaines et cinq estimations seront nécessaires pour mesurer exactement le nombre de vote corrompus, alors que le SPF Intérieur conclura rapidement que le bug est sans effet sur les résultats.

Le collège relève que le logiciel qui recense les votes invalidés par le bug, fourni par la société Stesud, n'était pas correct, que certaines urnes électroniques présentaient après décryptage un contenu anormal, que le nombre d'urnes déclarées manquantes ou corrompues n'était pas de 27 mais de 57, etc.

Dans ses conclusions, le collège estime que la "pression médiatique et politique mise sur l'Intérieur et Stesud les a conduits à prendre des décisions mettant en place des procédures non prévues par la législation mais avec l'assentiment des bureaux de cantons", et que "les mécanismes mis en place dans le processus électoral ne sont pas en théorie suffisants pour garantir la sécurité dudit processus".

Pour rappel, le jour des élections, un bug est détecté dès 16 heures, dans les bureaux d'Ixelles et de Schaerbeek (en ce qui concerne la Région bruxelloise du moins). Le lendemain, le verdict tombe: le système informatique s'est en fait avéré incapable de prendre en compte le vote des électeurs qui ont changé d'avis en cours de vote. Très vite, pourtant, le ministère de l'Intérieur se positionne : le nombre de votes invalides, dit-il, est insuffisant pour avoir eu un effet sur le scrutin.

Deux documents avaient été révélés par la RTBF, fin juin: le premier est une annexe au procès-verbal du bureau principal du canton de Schaerbeek. Le second est le compte-rendu d’un témoin du FDF lors du dépouillement. Le PV fait état des problèmes survenus lors de la lecture des disquettes au moment de la totalisation des votes. Seules quatre disquettes sur quinze ont pu être lues. Pour les autres, l’intervention de la firme informatique Stesud et du SPF Intérieur ont été nécessaires. Ce qui amène le président du bureau de vote et ses assesseurs à écrire : "le bureau principal a été dans l’impossibilité matérielle d’examiner la régularité des adaptations éventuellement apportées au logiciel (…)".

Et le PV se conclut ainsi: "dans ces conditions, on peut aisément comprendre que le bureau principal ne puisse pas en tout état de cause se prononcer sur le bon déroulement des opérations relatives au recensement des votes. (…) il est difficile de soutenir qu’aucun doute ne subsiste dans l’esprit du bureau principal quant à l’exactitude des chiffres recensés".

Pour être tout à fait clair : le rapport ne dit pas que le scrutin a été biaisé. Il dit qu'il a pu l'être, et qu'un doute subsistera toujours, entachant par-là ces élections.

Très concrètement, au Parlement bruxellois, le rapport conclut que le bug a peut-être affecté la répartition des sièges entre membres d'une même liste. Autrement dit, que c'est peut-être un candidat qui a été envoyé au parlement plutôt qu'un autre.

On pense à la liste PS, où l'attribution de certains sièges s'est jouée à quelques voix près.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir

L'actualité des régions en vidéo