La version 2012 du sapin de Noël de la Grand-Place crée la polémique

Il n'y aura pas d'épines aux pieds du sapin de la grand-place cette année
Il n'y aura pas d'épines aux pieds du sapin de la grand-place cette année - © Belga (illustration)
Rédaction RTBF

Le beau sapin de la Grand-Place ne sera pas un "roi des forêts" cette année, mais plutôt une structure métallique lumineuse en forme de sapin. Il s'agit d'une création d'artistes alsaciens. L’œuvre est-elle belle ou pas ? C'est un débat. Mais la polémique qui enfle sur internet a des relents plus nauséabonds. La députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V) dont le communiqué est à la base de cette polémique, a dit regretter la tournure islamophobe prise par la polémique mais continue de déplorer l'absence d'un "vrai" sapin.

La députée CD&V Bianca Debaets regrette, dans une interview à Brusselnieuws que l'on renonce à des traditions parce que la ville est multireligieuse. Ce qui insinue que le vrai sapin a été évincé pour ménager les autres confessions, qui sont à Bruxelles surtout représentées par les musulmans.

Les réactions dimanche sur la toile ne se sont pas fait attendre : une véritable querelle virtuelle a eu lieu sur internet. Page Facebook, pétition en ligne et foule de commentaires. Cela va de "rendez-moi mon sapin", "c'est plus joli un vrai" à des commentaires franchement racistes, du style: "Il ne nous restera plus rien. Que voudront-ils ensuite ? Qu'ils rentrent chez eux, on nous musulmanise..."

L’épineux version 2012 a lancé malgré lui un vrai défouloir nauséabond.

Notez que la ville de Bruxelles dément: le sapin n'a pas disparu, il est juste stylisé. Et il y aura à ses pieds de nombreux petits sapins. Si nous avions voulu supprimer les traditions chrétiennes, dit encore la ville, nous aurions commencé par la crèche, qui sera bien là avec l'âne, le bœuf et tout le reste.

Bianca Debaets (CD&V): "Je regrette que mes mots soient déformés"

La porte-parole de la Ville de Bruxelles, Perrine Marchal, ajoute : "Cette année, le sapin n’est pas de bois et d’épines comme traditionnellement. On a opté pour une structure artistique. Il n’y a évidemment pas de volonté de gommer des traditions. D’ailleurs, les artistes du sapin artistique qui sera au milieu de la Grand-place viennent d’Alsace et leur réflexion artistique est ancrée dans cette tradition du sapin de Noël".

Invitée de notre JT de 13h, la députée bruxelloise CD&V Bianca Debaets a exprimé des regrets quant à la tournure prise par la polémique. "Je regrette que mes mots et mes paroles soient déformés par certains blogueurs", a-t-elle déclaré.

Elle réitère cependant son regret quant à l'absence de sapin "pour trois raisons. D'abord, le coût: un sapin claissque c'est 5000€, là on dépense 40 000€. Ensuite, la référence à Noël disparaît et avec elle les symboles chrétiens, je le regrette. Enfin, rendez-nous simplement notre sapin, les gens y tiennent". La pétition mise en ligne par un internaute a d'ailleurs récolté plus de 10 000 signatures en moins de 48 heures. Les commentaires accolés à certaines signatures ne laissent aucun doute quant au caractère clairement xénophobe de la motivation des signataires concernés.

La veille, Bianca Debaets avait fait part d'un communiqué dans lequel elle se posait la question "de savoir pourquoi la crèche de Noël et l'arbre du marché sont rejetés. Je crains qu'un argument déplacé fut le facteur à la base de cette décision". Et dans un tweet, la conseillère communale de Bruxelles avait également déclaré "'Plaisirs d'hiver' dorénavant sans sapin de Noël... Qu'est-ce qui suivra? Tous les œufs de Pâques bannis de la ville, car faisant trop penser à Pâques? Si ceci est le nouveau style de la ville de Bruxelles, je retiens mon souffle".

Précisons que contrairement à ce qu'affirme l'élue, la crèche de Noël (qui est, elle, bel et bien un symbole purement religieux) sera bien présente.

Bianca Debaets a tenu à rappeler sur notre plateau qu'elle était co-présidente d'une plateforme inter-religieuse depuis plus de dix ans. "Mais il faut respecter toutes les religions et toutes les traditions philosophiques à Bruxelles", a-t-elle insisté.

RTBF


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