Duferco-NLMK: 600 emplois menacés, NLMK veut rencontrer Elio Di Rupo

Duferco-NLMK: 600 emplois menacés, NLMK veut rencontrer Elio Di Rupo
2 images
Duferco-NLMK: 600 emplois menacés, NLMK veut rencontrer Elio Di Rupo - © Belga
Rédaction RTBF

Après l'annonce par la direction des deux entreprises d'une réduction de 50% des effectifs au cours d'une réunion avec les syndicats ce jeudi matin, les syndicats ont entrepris des actions au sein des deux usines concernées. La direction de NLMK a sollicité un entretien avec le Premier ministre Elio Di Rupo et le gouvernement wallon.

Les instances dirigeantes de Duferco et NLMK ont déclaré ce jeudi matin vouloir, à terme, se séparer de la moitié des effectifs des entreprises. Cela concernerait donc 601 travailleurs sur les 1 357 que comptent les deux usines.

La direction de NLMK a sollicité une rencontre avec Elio Di Rupo et le gouvernement wallon car elle "souhaite les sensibiliser à la gravité de la crise à laquelle NLMK La Louvière est confrontée". "Si des solutions ne sont pas trouvées très rapidement, la survie de la société ne pourra pas être assurée", souligne la direction de NLMK.

601 emplois menacés

Les directions louviéroises de Duferco et de NLMK ont annoncé jeudi matin, lors d'une réunion avec les syndicats, un plan d'économies qui menace 601 travailleurs sur les 1357 employés des deux sites. Les directions ont également fait part de leur intention de maintenir leurs activités à La Louvière.

Selon les directions des deux sites, les difficultés que traverse actuellement le marché de la sidérurgie sont à l'origine des mesures drastiques avancées jeudi matin. Ces difficultés seraient induites par :
* la demande, le niveau de prix du marché ne permettant pas de générer des ressources financières
* un marché incertain
* une situation de trésorerie des clients ne permettant pas d'obtenir les assurances crédit pour les livraisons.
L'obligation d'améliorer les délais de livraison ainsi que le coût de production dans le but de répondre au mieux à la demande pèseraient également lourd dans la balance.

Le plan d'économie annoncé toucherait jeudi près de la moitié du personnel actuellement engagé sur les deux sites, soit 601 travailleurs sur 1.357. Le plan devrait toucher toutes les catégories de travailleurs.

Selon la CSC, les travailleurs des laminoirs (NLMK) ont déposé les outils ce jeudi à midi. Les conciergeries ont également marqué un arrêt de travail. "Il n'y a plus d'entrées ni de sorties au niveau des deux entreprises. Du côté des produits longs chez Duferco, les travailleurs sont de toute façon en chômage jusqu'au 5 novembre", a précisé Fabrice Stevens de la CSC.

Le travail à l'arrêt dans certains secteurs jusqu'à vendredi matin

Le Setca-Centre confirme des arrêts de travail jusqu'à vendredi matin chez NLMK et Duferco à La Louvière. Le syndicat socialiste attend un plan industriel des deux directions.

Certains secteurs des entreprises Duferco et NLMK ont débrayé jusqu'à vendredi à 6h, à la suite de l'annonce du plan de réduction des coûts.

"Nous attendons un plan industriel sur 3 à 5 ans de la part des deux directions", a indiqué Manu Morais du Setca. "Nous pourrions espérer une reprise des commandes dans un futur proche. Mais nous refusons dans tous les cas que du personnel actuel soit licencié alors que nous vivons une période de crise et, qu'une fois une reprise annoncée, on fasse appel à des intérimaires".

Le Setca a par ailleurs précisé que les entrées des deux usines étaient bloquées. "Une assemblée générale des travailleurs devrait être programmée en début de semaine prochaine pour faire le point sur la situation et définir nos objectifs face au plan avancé par les directions des deux entreprises", a conclu Manu Morais.

Les travailleurs des laminoirs (NLMK) ont déposé les outils jeudi midi, avait déjà indiqué la CSC. Les conciergeries ont également marqué un arrêt de travail. Il n'y a plus d'entrées ni de sorties au niveau des deux entreprises, précise le syndicat chrétien. Du côté des produits longs (Duferco), les travailleurs sont en chômage jusqu'au 5 novembre.

La CSC Metal veut rester réaliste

"Nous ne nous attendions pas du tout à l'annonce d'un plan de réduction des coûts aussi drastique", a indiqué Camillo Daloisio de la CSC Metal. "Des pistes pratiques nous ont été proposées, touchant notamment quelque 600 travailleurs et des conventions d'entreprise. Nous voulons être réalistes. A nous donc de travailler à des contre-propositions. (…) Notre souci est en tous cas que le maximum d'emplois soient préservés. "

L' ACV-CSC METEA Hainaut parle de la poursuite d’un génocide social

"Nous savions que les deux entreprises n'allaient pas bien mais nous ne nous attendions absolument pas à une annonce de si grande ampleur. C'est plus de 600 familles qui voient leurs projets d'avenir remis en question" s'exclame Jean-Marie Hoslet, secrétaire principal ACV-CSC METEA pour le Hainaut. Les deux entreprises ont pour volonté d'adapter leur fonctionnement et leur structure aux commandes.

Cela signifie la suppression de postes, la sous-traitance de toutes les activités n'ayant pas trait directement à la sidérurgie, une polyvalence extrême des travailleurs et une meilleure productivité.

"Il est temps que les politiques se réveillent" ajoute-il. "On parle partout (en France et en Allemagne notamment) de la nécessité de réindustrialiser et, si nous ne bougeons pas maintenant, il sera une fois de plus trop tard. Nous serons à nouveau les grands perdants !" A nouveau, ACV-CSC METEA exige d'urgence une réunion concernant le devenir des entreprises sidérurgiques wallonnes. Elle demande aussi qu'on arrête de saucissonner chaque dossier, ce qui a pour résultat direct de mettre en péril l'avenir des travailleurs wallons.

Selon la direction, les partenaires sociaux ont refusé la discussion

Selon la direction, elle a présenté aux partenaires sociaux les différentes pistes qui pourraient permettre à la société de maintenir ses activités. Les partenaires sociaux n'ont pas voulu discuter des propositions de la direction et ont quitté prématurément la réunion. Selon ses dires encore, la direction souhaite toujours privilégier le dialogue et espère pouvoir programmer rapidement de nouvelles réunions avec les partenaires sociaux afin d'arriver à un accord pour la mise en oeuvre de solutions qui permettront à l'entreprise de revenir à une situation d'équilibre. "Sans accord, la survie du site de La Louvière n'est pas assurée", a-t-elle ajouté.

Jérôme Durant, Daniel Barbieux et Ju. Vl. avec Belga


L'actualité des régions en vidéo




+ de vidéos