L'artiste carolo Charles Delporte est décédé

Le fameux "rond-point des trois coqs", oeuvre de Charles Delporte
Le fameux "rond-point des trois coqs", oeuvre de Charles Delporte - (c) Google Street View
Rédaction RTBF

Une grande figure artistique de Charleroi est morte ce mardi 6 novembre. Peintre, sculpteur, musicien et poète, Charles Delporte s’est éteint à l’âge de 83 ans. Ses œuvres ont trouvé un public bien au-delà de la métropole wallonne : un musée lui est consacré à Damme près de Bruges.

Charles Delporte était le frère de deux autres artistes qui ont troqué leur patronyme pour un pseudonyme : Paul Louka, le chanteur décédé l’an dernier, et Jacques Viesvil, le poète. Les trois hommes avaient pour cousin le dessinateur Yvan Delporte disparu en 2007. Charles Delporte était né à Marcinelle le 4 décembre 1928. Marié à Marie-José, il était le père de deux enfants : Philippe et Geneviève.

Enseignant et artiste

Charles Delporte a d’abord enseigné à l’Ecole Normale de Morlanwelz et il a fréquenté l’atelier de Victor Rousseau, un des grands sculpteurs contemporains. C’est Jean Pigeon, critique d’art au journal " Le Rappel ", qui l’a découvert le 26 novembre 1952. Une carrière d’artiste s’est alors ouverte devant lui le forçant à abandonner son emploi d’instituteur. Au cours de sa carrière, il a rencontré  le poète Louis Aragon, des chanteurs comme Charles Dumont et Georges Brassens, le Prince Philippe ainsi que des peintres comme Félix Labisse, Paul Delvaux et beaucoup d’autres. Il a été reçu en audience avec son épouse par le Pape Paul VI, grâce à sa peinture " le Suaire ", œuvre qui se trouve au Vatican.

Le rond-point des trois coqs

Pour le grand public, Charles Delporte restera le sculpteur de certains monuments publics carolos comme la triple tête de femme à Gilly ou, de manière plus évidente, les fameux trois coqs trônant jusqu’à il y a peu sur le rond-point du boulevard Tirou. Cette oeuvre a été réalisée avec la complicité de sa fille Geneviève et a pour nom le " Chantre de la Liberté ". C'est un exemplaire en polyester armé qui a été acheté par la Ville de Charleroi. Peu après son installation sur le rond-point, des malandrins boutèrent le feu à l’œuvre : deux coqs furent complètement détruits et le troisième partiellement. Delporte le récupéra, le drapa, le peignit en vert et l'offrit au Château de Trazegnies lors d'une exposition. Pour la ville de Charleroi, il réalisa alors un nouvel ensemble " Chantre de la Liberté " en métal doré cette fois. Cet exemplaire est en attente dans les réserves de la ville suite aux travaux du métro et au déplacement du rond-point.

Imagination sans limite et multiple

L’imagination créatrice de l’artiste ne semblait pas avoir de limites. Son oeuvre éatit décrite comme celle d'un visionnaire qui avait redécouvert l'alchimie en appuyant son travail sur des données scientifiques. Selon les thèmes choisis, le travail de Charles Delporte s'orchestrait en quatre tendances : réaliste, génétique, géophysique et nucléaire. Plus de trois cents de ses oeuvres se trouvent dans les musées, fondations, cathédrales, abbayes, églises, chapelles, villes et universités des cinq continents.

Artiste pluridisciplinaire, Delporte s'était aussi illustré comme poète et musicien en enregistrant quelques disques où textes et mélodies se côtoyaient pour célébrer, notamment, diverses villes du monde dont, bien entendu, celle de Charleroi.

Daniel Barbieux


Publicité

L'actualité des régions en vidéo




+ de vidéos