Le bûcheron avait reçu un permis d'abattage pour une centaine de peupliers. Il pouvait couper les arbres mais il devait attendre que la période de nidification soit terminée. Il est passé outre. Les peupliers tronçonnés ont été emportés par le bûcheron. Reste maintenant au sol un entrelacs de branchages, d'où se dégage une odeur de charogne. Marc Wanbecq est éco-conseiller à la commune d'Eghezée : "Grosso modo, on doit avoir vu trente, quarante jeunes mais bon, il y a des branchages qui recouvrent les cadavres et c'est assez dur à dénombrer".
Selon le permis délivré par la commune, le bûcheron aurait dû attendre l'envol des oisillons avant d'abattre les arbres. Une restriction que Jean-Marie Balthus ne comprend pas. Il n'aime pas les corbeaux : "Il y en a des cent mille, de trop. A part manger les salades et les œufs et tout ce qu'ils savent voler, je ne vois pas ce que l'on fait avec ces bêtes là. Je ne vois pas ce que ça apporte à la nature".
Au milieu des cadavres, quelques oiseaux seulement blessés ont été recueillis et transportés vers le centre de revalidation de Héron, dirigé par Janny Crispeels : "On va les nourrir durant un mois et demi avant de les relâcher dans un groupe de corbeaux freux".
Cette espèce de corbeaux n'est pas une espèce menacée chez nous. Ce n'est pas une raison, insiste Janny Crispeels, pour tolérer des massacres à la tronçonneuse.
Colette Jaspers avec François Louis




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