Des œuvres d'Ensor et de Van Dongen dérobées au Musée van Buuren

La Penseuse de Van Dongen figure dans les catalogues raisonnés de l'oeuvre du peintre néerlandais
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La Penseuse de Van Dongen figure dans les catalogues raisonnés de l'oeuvre du peintre néerlandais - © RTBF
Rédaction RTBF

Bien que les alarmes se soient déclenchées, elles n’ont pas dissuadé ni empêché les voleurs de repartir avec une dizaine d’œuvres d’art. Parmi elles : un tableau de James Ensor et un autre de Kees Van Dongen. Pour le musée ucclois, la perte est énorme : on parle de plus d’un million et demi d’euros.

Isabelle Anspach, la conservatrice du musée n'en revient toujours pas. Les voleurs sont partis avec La Penseuse, un tableau du peintre Kees Van Dongen, une pièce estimée à plus d'un million d'euros. "Le plus beau des tableaux ! J'ai toujours dit, en rigolant, que si un jour le Van Dongen n'était plus là, il serait dans ma cuisine… Mais il n'est malheureusement pas dans ma cuisine."

Il ne risque d’ailleurs pas d'être exposé au grand jour non plus. Ce tableau, les voleurs vont avoir du mal à s'en débarrasser, estime la conservatrice. "Ce tableau est invendable. C'est un tableau qui a été prêté encore à la grande rétrospective Van Dongen à Paris. Il est répertorié dans les catalogues raisonnés. Je ne vois vraiment pas qui va pouvoir le racheter."

"Les voleurs volent des pièces non vendables", confirme Lucas Verhaegen, spécialiste dans le vol d’œuvres d'art pour la police judiciaire. "En général, ils les laissent reposer: ça peut durer deux, cinq ou 10 ans. Puis ils vont prendre contact soit avec la victime, soit avec l'assureur pour demander une rançon. Ça dépend de la valeur des œuvres d'art mais des rançons de cent mille, cinq cents mille, un million voire un million et demi d'euros, ce ne sont pas des exceptions." Le vol de type "Artnapping" - un kidnapping d'art - est en augmentation. Les assurances jurent qu'elles ne paient pas les rançons car elles ne fonctionnent pas au chantage. 

Tout s'est passé très vite. Ces deux hommes cagoulés sont entrés durant la nuit. Ils n'ont mis que deux minutes pour dérober une dizaine d'œuvres d'art. Un vol entouré d'un grand mystère.

"Ce que l'on ne comprend pas très bien, c'est que c'est un vol tout à fait déséquilibré car ce qu'ils ont pris en bas vaut à peu près pour 80% de la somme. Et ils sont montés en haut, ils ont pris un risque de monter, de se retrouver dans le bureau de David Van Buuren, qui est un vrai cul-de-sac, pour voler des tableaux de vraiment moindre importance. C'est très étrange, il y a des choses que les enquêteurs ne comprennent pas", commente encore Isabelle Anspach.

Le musée est ouvert depuis 40 ans. C'est la première fois qu'il est cambriolé. Et depuis lundi soir, un vigile veille sur les lieux.

Pierre-Yves Meughens et Florence Hainaut


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