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Charleroi : les marchands de sommeil perdurent malgré l'intervention de la Ville

REGIONS | jeudi 16 août 2012 à 7h45

  • Cela fait plusieurs années que les autorités de la Ville de Charleroi luttent contre les marchands de sommeil. Mais malgré un arsenal juridique renforcé il y a quatre ans, certain propriétaires véreux continuent d'exploiter des personnes précarisées en leur louant des taudis à des prix exorbitants.

    Un logement miteux d'une trentaine de m² pour 400 euros par mois. Nous sommes à la rue Léopold, l'ancien quartier des prostituées situé dans la ville-basse. L'immeuble de trois étages est entouré d'habitations et de commerces à l'abandon. Attaqué par la pourriture, le feu peut à tout moment s'y déclarer. "On compte trois logements raccordés aux mêmes prises, nous fait remarquer un travailleur de Solidarités Nouvelles (une ASBL qui défend les intérêts de ces locataires fragilisés) avec qui nous effectuons la visite. Rien qu’au niveau de l’électricité, les pompiers ont le droit de faire fermer le bâtiment."

    Difficile de savoir combien de personnes habitent ici. Quels sont leurs statuts et pourquoi elles sont obligées de vivre dans de telles conditions. Il y a treize boîtes aux lettres, des poussettes de bébé se trouvent à l'entrée. Personne ne souhaite nous parler sauf ce Macédonien qui a décidé de nous montrer le taudis qu'il occupe avec sa femme. "Même les animaux ne vivent pas comme çà."

    Denis Uvier est éducateur de rue. Il arpente les rue de Charleroi depuis près de 20 ans. Selon lui, le phénomène prend de l’ampleur. "Il suffit de marcher autour de l’Hôtel de Ville. A deux rues, on en trouve toute une série. Il y en a d’ailleurs de plus en plus de logements pareils."

    Le bourgmestre Eric Massin rappelle pourtant que la Ville, consciente du problème, s’était engagé à lutter contre les marchands de sommeil, en se dotant notamment d’outils juridiques pour mieux les contrer. "Il y a quatre ans, on a mis sur pied toute une procédure pour faire face à ces marchands de sommeil. Et chaque fois que la sécurité des gens est mise en danger, on fait fermer."

    Quant au propriétaire des lieux, il risque jusqu'à 12 500 euros d'amende. Des poursuites pénales sont également possibles mais pour cela, il faut pouvoir démontrer qu'il profitait de l’état de faiblesse de ses locataires.

    Fabrice Gérard

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