ArcelorMittal: un portage public de moins en moins plausible

Le gouvernement a annoncé ce mardi aux syndicats qu'il n'envisage pas de se lancer dans une opération de portage pour donner aux hauts fourneaux et aciérie une chance de survie en dehors du groupe Mittal.
Le gouvernement a annoncé ce mardi aux syndicats qu'il n'envisage pas de se lancer dans une opération de portage pour donner aux hauts fourneaux et aciérie une chance de survie en dehors du groupe Mittal. - RTBF
Rédaction RTBF

Est-ce le début de la fin pour la sidérurgie liégeoise? Le gouvernement wallon a vu les syndicats ce matin et leur a annoncé qu'il n'envisageait pas de se lancer dans une opération de portage pour donner aux hauts fourneaux et à l'aciérie une chance de survie en dehors du groupe Mittal. Et, même si la perspective d'une mise sous cocon demeure, du côté syndical, la déception est énorme.

La réunion a duré deux heures. Mais à la sortie, la conclusion du ministre président Rudy Demotte est claire et nette: "Ce que le gouvernement fait aujourd'hui, c'est délibérément se mettre du côté de ceux qui cherchent une solution. Le gouvernement a dit qu'il était présent et nous serons dans une tripartite de négociation sur le plan industriel".

Interrogé sur la possibilité de voir la région intervenir pour sortir les outils du groupe Mittal, le ministre répond: "Pour cela, il faudrait que le groupe Mittal veuille vendre, ce qui n'est pas le cas". Et il ajoute: "Nous voulons à tout le moins que ces outils du chaud ne disparaissent pas, qu'il y ait une mise sous cocon de ces outils parce qu'on ne peut pas exclure que les besoins du froid sur le plan de l'approvisionnement ne requièrent pas l'usage de nos propres outils".

Du côté des travailleurs, c'est la douche froide

Pour Francis Gomez, porte-parole de la FGTB, cette annonce est un véritable coup de massue: "L'impossibilité d'envisager le rachat, de tout ou partie de la sidérurgie liégeoise, nous tombe véritablement sur la tête puisque ça nous laisse peu de possibilité. Le chaud de Liège est définitivement condamné".

"L'ambiance était assez constructive mais nous avons pu remarquer que les différents ministres avaient des positions divergentes" explique de son côté Egidio Di Panfilo, du syndicat FGTB. "Sur cette grande question de savoir si la Région va faire un portage public, je pense que les chances commencent tout doucement à s'évanouir. On pourrait aller vers une mise sous cocon des outils du chaud et dans quelques mois ou dans quelques années, nous aurions des outils qu'on pourrait réactiver ... J'ai pour habitude d'être optimiste, mais à chaud, aujourd'hui, je vois la bouteille plutôt à moitié vide".

Le maintien, en sommeil, au cas où, se heurte en effet à de multiples difficultés, techniques, financières, sans parler des compétences, difficiles à garder dans ces circonstances. Mais c'est la voie que le gouvernement wallon privilégie.

 

M. Gretry


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