J.-C. Marcourt: ArcelorMittal prend les travailleurs du froid en otage

J.-C. Marcourt: ArcelorMittal prend les travailleurs du froid en otage
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J.-C. Marcourt: ArcelorMittal prend les travailleurs du froid en otage - © Tous droits réservés
Rédaction RTBF

La direction d’ArcelorMittal, à Liège, annule son plan d’investissements de 138 millions d’euros dans le froid et arrête les commandes pour les lignes de fer blanc. Deux mille emplois sont concernés si la direction maintient ses positions. Le ministre wallon Jean-Claude Marcourt invite ArcelorMittal à faire connaître son plan à long terme.

La direction a constaté que les négociations dans le cadre de la procédure Renault étaient bloquées. Elle demandait la finalisation de la procédure Renault pour la fin octobre, ce que les syndicats refusent. Ce lundi matin, le groupe a publié une annonce interne dans laquelle il annonce que le groupe retire les plans industriels annoncés et les 138 millions d’euros d’investissements dans le froid.

La direction d’ArcelorMittal à Liège dit regretter cette situation et ajoute qu’elle avait clairement expliqué les conséquences possibles du blocage au personnel et à ses représentants.

Ultime conciliation

La ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck (sp.a), a demandé à un conciliateur social de proposer ses services pour tenter de remettre les représentants de la direction d'ArcelorMittal et les syndicats autour de la table et d'apaiser les esprits, a indiqué lundi soir le porte-parole de la ministre fédérale.  

Prise en otage

Le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, regrette l'attitude de la direction d'ArcelorMittal et demande à celle-ci de faire connaître sa stratégie à long terme.

Selon le ministre, la direction "mêle deux problèmes": les modalités d'exercice de la procédure Renault et l'avenir de la sidérurgie. "Je demande à toutes les parties et en particulier à la direction d'ArcelorMittal de prendre conscience de la situation dans laquelle est plongé l'ensemble des travailleurs. Je ne crois pas qu'en prenant en otage le packaging et certaines lignes du froid, cela permettra d'aborder la situation de manière équilibrée", estime le ministre Marcourt, cité dans un communiqué.

Le ministre wallon de l'Economie demande également à la direction du groupe sidérurgique de faire connaître sa stratégie à long terme ainsi que son plan pour l'avenir du bassin liégeois. "Même si nous sommes dans une situation économiquement difficile, il appartient au groupe de montrer cette stratégie", poursuit Jean-Claude Marcourt, pour qui la décision d'arrêter la phase à chaud "relève de la seule responsabilité d'Arcelor Mittal qui doit démontrer non seulement sa capacité à pouvoir alimenter la ligne à froid de manière satisfaisante mais aussi en quoi les lignes à froid pourront être concurrentielles en s'appuyant sur un secteur de recherche fondé sur l'excellence."

Jean-Claude Marcourt indique enfin être "à la disposition de toutes les parties en ce compris la direction d'Arcelor Mittal, pour démontrer le souhait du bassin liégeois d'assurer sa pérennité". Le gouvernement wallon examinera la situation lors d'une réunion qui se tiendra durant la semaine.

"Une décision unilatérale et extrêmement brutale" selon la FGTB

La FGTB a réagi par voie de communiqué. "Il s’agit d’une décision unilatérale et extrêmement brutale d’une direction arrogante, incompétente et totalement à la botte de Mittal" indique le syndicat dans son communiqué.

"Cette rupture unilatérale est le début de la mise en œuvre d’un plan caché au sein du groupe Mittal : la fermeture, à terme, de toutes les lignes du bassin, chaud et froid confondus" ajoute la FGTB.

"Des menaces scandaleuses et inacceptables" pour la CSC

"Ces menaces sont scandaleuses et inacceptables!", martèle de son côté David Camerini, président de la délégation CSC chez ArcelorMittal. "Nous discutons de manière informelle avec la direction depuis jeudi. Elle nous demande de nous mettre d'accord sur un document que le siège de Luxembourg lui impose pour pouvoir entamer les négociations. On nous demande de trouver un accord avant de négocier, c'est du jamais vu! D'autant que les enjeux sont colossaux", ajoute-t-il.

Inacceptable pour Ecolo

La manière de négocier de la direction d'ArcelorMittal "n'est pas acceptable" et "ne correspond pas aux traditions de concertation sociale" en Belgique, a réagi le député wallon Ecolo Christian Noiret.

"La direction veut un accord avant même de commencer à négocier. On est peut-être dans une phase de dramatisation mais cela n'est pas du tout une manière de négocier. On ne vient pas menacer ainsi de mettre un terme à des activités industrielles aussi importantes", juge le député wallon.

Celui-ci se demande également quand seront connus les résultats du plan d'affaires, annoncés par le ministre Marcourt et le gouvernement wallon, et censés permettre de démontrer la viabilité du modèle de sidérurgie intégrée proposé, dès la fin juin, par les syndicats.

Le député Ecolo déplore par ailleurs la passivité affichée au niveau européen. "On nous dit que l'on va mettre en place des plans pour développer une politique industrielle en Europe mais cela traîne, surtout dans le chef de la Commission européenne".

Belga et F. Braibant, O. Thunus


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