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ArcelorMittall : les justifications de la fermeture liégeoise ne tiennent pas, selon le rapport Syndex

REGIONS | jeudi 8 mars 2012 à 7h20

  • La fermeture des hauts fourneaux liégeois risque fort de se transformer en cauchemar pour le groupe ArcelorMittal. Elle va coûter cher et ne va presque rien rapporter. C'est un rapport interne qui le dit. Un rapport présenté ce mercredi au siège luxembourgeois de la multinationale, au comité d'entreprise européen. Les syndicats ont réagi. Ils disent vouloir sortir du groupe.
    C'est un rapport établi par le bureau français Syndex. Ce n'est pas encore "le" rapport Syndex, commandé par la région wallonne. C'est une étude d'une centaine de pages, réalisée pour le comité d'entreprise européen du groupe ArcelorMittal. Il examine, globalement, la manière dont la multinationale réorganise ses usines d'aciers plats au carbone.

    Les conclusions sont assassines

    Fermer des hauts fourneaux aux quatre coins du continent, et concentrer la production sur quelques sites qui tournent à haut régime, c'est un risque industriel. Le bénéfice escompté n'est nullement démontré.

    C'est encore plus flagrant pour les outils liégeois. Le prétendu manque de compétitivité est artificiellement gonflé par des artifices statistiques ou comptables. Ce qui plombe les résultats, c'est l'utilisation de minerai à haute teneur en fer, fourni par des sociétés sœurs d'ArcelorMittal, mais du minerai cher et surfacturé. En chiffres corrigés, le HFB et le HF six sont profitables, même en cas de faible activité.

    La survie du "froid" gravement menacée

    Le rapport confirme par ailleurs une crainte syndicale. La fin de la sidérurgie à chaud menace gravement la survie du "froid", des laminoirs, des unités de finition des tôles. Or, le bassin liégeois dispose d'un avantage géographique : sa proximité avec ses clients de l'industrie automobile. Et le groupe ArcelorMittal, dans son ensemble, risque de regretter un jour de se priver de cet atout.

    D'autres discriminations, par exemple, au niveau du service commercial, seraient épinglées dans le rapport. Ces éléments laissent penser que les "mauvais bulletins" économiques des outils ont été sciemment, volontairement, noircis. De quoi, assurément, conforter les thèses syndicales.

    "Il faut sortir du groupe" ont réagi les syndicats

    "Je pense que, désormais, les choses sont claires : on doit sortir du groupe et assumer seuls l'avenir de notre sidérurgie" estime David Camerini, président de la délégation CSC-Metal. "Reste à voir qui va porter le projet et qui va payer. Les politiques doivent sortir du bois".

    Même son de cloche à la FGTB-Metal, où le secrétaire régional Jean-Luc Rader va jusqu'à espérer "que Mittal ne reviendra pas sur sa décision". "On a intérêt à sortir du groupe et le plus vite possible. On ne peut pas continuer dans cette entreprise qui a artificiellement plombé les coûts pour faire fermer les outils liégeois. Il faut reprendre notre destin en main en s'inspirant de ce qui a été fait dans la Sarre, en Allemagne. Dans cette région de taille comparable à la province de Liège, on a créé l'unité totale des forces vives, syndicats, pouvoirs publics, monde économique, population, pour assurer la survie des outils sidérurgiques via une fondation où ArcelorMittal est minorisé."

    Le point de vue des syndicats est également partagé par le professeur Didier Van Caillie, qui enseigne le management à l'ULg: "Le rapport met en évidence toute une série de forces pour Liège : la flexibilité de la force de travail, la flexibilité des outils. Rester dans le giron d'ArcelorMittal dans le contexte stratégique actuel et dans le pouvoir de décision actuel, c'est courir à la perte. Il est plus que temps de réfléchir sérieusement à un scénario de reprise en main de l'outil et de propriété de l'outil".

    Michel Gretry

  • Le bureau d’études français Syndex estime que concentrer la production sur quelques sites qui tournent à haut régime, cela représente un risque industriel.
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    Le bureau d’études français Syndex estime que concentrer la production sur quelques sites qui tournent à haut régime, cela représente un risque industriel.

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      Le bureau d’études français Syndex estime que concentrer la production sur quelques sites qui tournent à haut régime, cela représente un risque industriel.

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