"Je suis écœuré par tout cela et je commence à en avoir assez", a-t-il déclaré d'emblée s'interrogeant sur le fait que "tout d'un coup" on s'intéresse à cette asbl en particulier "alors qu'il y en a plein d'autres".
"C'est peut-être à cause de la place que je suis en train de prendre au niveau communal (...) si on veut m’abattre je resterai debout".
Parlant d'Irisport, qui organise la "Fête du sport" sur le site du Heysel au mois d'août, Alain Courtois affirme que les subsides bruxellois ont couvert uniquement les frais de l'organisation et des rémunérations aux clubs qui y participaient. "Pas une seule facture de mon ancienne société" n'a été payée par ces subsides. "La facture qui a été amenée par mon ex société (et qui a été publiée ce jeudi par La Libre Belgique, ndlr) est une facture qui a été prise en charge par des partenaires privés parce qu'il n'y avait pas assez de moyens publics pour assurer le bon fonctionnement de cette organisation".
En tant qu'ancien procureur du Roi, pourquoi aurait-il pris des mesures qui sont illégales ?, argue-t-il, "et que celui qui vient me démontrer l'inverse vienne me trouver !".
Ce qu'on lui reproche
Alain Courtois a récemment démissionné de ses fonctions dans la société E2M et dans l'asbl Irisport, deux structures impliquées dans l'organisation d'événements et de manifestations à caractère sportif.
Pour organiser la Fête du Sport de la Région bruxelloise depuis 2007, Irisport a bénéficié de subventions publiques du gouvernement bruxellois et de financements privés. La majorité de l'argent versé à l'asbl provient toutefois des pouvoirs publics.
Selon la loi, tout recours à un prestataire extérieur, dans le chef de l'asbl, doit faire l'objet d'un appel d'offres public. Ce qui n'a pas été le cas. En outre, pour assurer la communication de l'événement, Irisport a passé un contrat avec une entreprise appartenant à Jacques Lielens, par ailleurs vice-président d'Irisport. Jacques Lielens a fait partie du capital d'E2M, société fondée par Alain Courtois. On serait là en présence d'une prise illégale d'intérêts.
Alain Courtois s'en défend. L'autorité subsidiante, le ministre bruxellois, Guy Vanhengel, a validé l'opération. Pour le ministre, la loi sur les marchés publics ne s'applique pas en l'espèce.
Alain Courtois a, au moins, fait preuve de légèreté en faisant appel à un administrateur de son asbl en tant que prestataire de services, payé en partie avec de l'argent public. En affirmant ne pas voir où se situe le problème, Alain Courtois se met en difficulté.
Les Verts demandent aussi au collège de la Ville de vérifier
Le groupe Ecolo-Groen de la Ville de Bruxelles a indiqué jeudi avoir "pris connaissance avec indignation" des informations transmises par la Cour des Comptes confirmant "le manque total d'éthique et de morale d'Alain Courtois, candidat au mayorat de la Ville de Bruxelles".
Les Verts considèrent que les faits, "confirmés aujourd'hui par la Cour des Comptes, qui indiquent un réseau de conflit d'intérêts, et pour d'aucuns, d'infractions à la loi sur les marchés publics et de captation illégale de subside sont totalement inadmissibles".
"En tout temps, les hommes et les femmes politiques se doivent d'appliquer des règles strictes en matière d'éthique et de morale. C'est aussi le cas pour M. Courtois, qui voudrait occuper une des fonctions les plus hautes de la capitale et qui se veut le porte-drapeau du changement voulu par le MR à la Ville de Bruxelles", ont-ils jugé.
Pour Ecolo et Groen, alors que des efforts intenses sont demandés aux citoyens pour soutenir les budgets publics touchés par la crise, les mêmes citoyens sont en droit d'attendre de la part de leurs élus une gestion irréprochable des deniers publics.
Ecolo dénonce qu'une partie de l'argent public ait "transité par des comptes intermédiaires avant d'aboutir dans les caisses des ASBL dont M. Courtois est gestionnaire et, in fine, sur son propre compte en banque".
C.Biourge avec Philippe Carlot




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