Stefanini, c'est un call-center dont le siège se trouve à Haren (pas loin de la frontière avec Evere). Les 182 personnes licenciées travaillent pour Belgacom et Proximus. Elles assurent le service à la clientèle, le "help-desk" en jargon managérial. Vendredi, les travailleurs ont appris leur prochain licenciement. Le plan social proposé par Stefanini ne satisfait pas le délégué du Setca/FGTB, Pierre Graas. Il explique pourquoi : ''tout le monde est déçu par le plan social. On s’attendait à mieux, évidemment. Légalement parlant, c’est un plan social qui est légal. En fait, c’est le minimum légal avec 500 euros en plus. Mais on aurait espéré plus.’’
Ce lundi matin, les travailleurs sont donc allés manifester devant le siège de Belgacom. Dans la foulée, l'opérateur de téléphonie a reçu une délégation syndicale. À la sortie, on annonçait une nouvelle réunion programmée ce mercredi. Jan Meeuwens, permanent Setca, déclare : ''on est légèrement satisfait, c'est-à-dire que le licenciement de 182 personnes reste d'actualité. Ça ne change malheureusement pas. Ce qu'on a obtenu aujourd'hui, c'est que Belgacom s'est engagé de modérer une réunion mercredi prochain avec les nouveaux fournisseurs et avec Stefanini afin de faciliter le transfert du personnel vers ces nouveaux fournisseurs. C'est quand même assez positif et on a donc décidé de reprendre le travail pour bien leur montrer que nous sommes professionnels. Et que c'est tout à l'avantage des fournisseurs de recruter ces personnes.''
Lors de la manifestation de ce lundi matin, les travailleurs dénoncaient la brutalité de leur licenciement et surtout l'incertitude dans laquelle ils sont plongés. La plupart ignorent en effet encore l'échéance exacte de leur contrat.
Le quotidien d'un représentant du service client
Un des travailleurs de Stefanini - qui n'a pas souhaité dévoiler son identité - nous parle de la réalité de ce travail où l'on est scotché au téléphone huit heures par jour : ''Pour répondre aux questions des clients qui nous appellent, on essaye de trouver une solution à leurs problèmes. C’est essentiellement ce qu’on fait pendant nos journées. Normalement, on a quatre minutes trente pour réaliser l’appel. Sur une journée, on bénéficie de deux pauses de 15 minutes, et d'une pause d’une demi-heure. On peut aussi prendre une petite pause extra si on sent qu’on est particulièrement stressé. Les chefs ne sont pas contre de nous laisser cinq minutes une fois de temps en temps si on doit un peu souffler. On travaille huit heures par jour, 8h30 précisément si on compte notre pause midi. On gagne plus ou moins bien notre vie. Ce n'est pas le moins bien payé mais bien entendu, ce n’est pas le mieux payé non plus. D’après ce que j’ai entendu dire ailleurs, il y a des gens qui arrivent à gagner 1200 voire 1300 euros par mois.’’
Philippe Carlot avec Pierre Vandenbulcke




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