"Je n’ai pas encore reçu le recommandé par lequel on m’avertit du retrait de mes attributions, mais le secrétariat du bourgmestre m’a déjà envoyé la copie par mail: on y parle d’une rupture de confiance, qui justifierait cette mesure".
Samuel D’Orazio, l’échevin de l’Emploi de Tubize, ou plutôt l’ex-échevin de l’Emploi puisque ses collègues du collège communal viennent de décider de lui retirer ses attributions, confirme la sanction prise à son égard. Celle-ci fait suite à sa prise de position publique en ce qui concerne la situation de l’échevin des Sports, Philippe Angillis. Celui-ci a été cité par le parquet de Nivelles pour s’expliquer en correctionnelle, au mois de septembre, sur la gestion de l’Association Tubizienne Omnisports (ATO) dont il est l’actuel administrateur délégué.
Alors que les autres membres du collège ont réitéré leur confiance en l’échevin poursuivi (il est cité pour des faits antérieurs à son arrivée à l’ATO) et refusé qu’il démissionne ou se retire de la liste RC pour les élections communales d’octobre, Samuel D’Orazio, lui, avait demandé publiquement qu’il fasse un pas de côté. "Pas pour le mettre en cause ou préjuger d’une quelconque culpabilité de ce garçon, précise l’ex-échevin de l’Emploi, qui est avocat de profession. Simplement pour que la campagne qui est aujourd’hui lancée ne soit pas polluée par des amalgames et des attaques sur des personnes alors que l’équipe doit défendre un bilan. Le DPS souhaitait seulement une mise à l’écart temporaire pour conserver un climat serein…". C’est plutôt raté. D’autant que si le collège signale dans le même courrier à Samuel D’Orazio qu’il peut venir s’expliquer jeudi soir à l’hôtel de ville devant ses collègues, celui-ci ne compte pas s’y rendre.
"Alors que j’ai demandé une décision parce qu’une personne était poursuivie en correctionnelle, on me demande de venir me justifier devant un semi tribunal ! Et au fond, qu’est-ce qu’on me reproche ? D’avoir exercé un droit qui est celui de tous les hommes politiques et de tous les citoyens: celui de s’exprimer librement. C’est un peu étonnant… Je n’irai pas. Ce que je demande, c’est plutôt la sanction des électeurs...". Le DPS de Samuel D’Orazio et de son père Roberto est actuellement un des partenaires, à gauche, de la majorité du bourgmestre Raymond Langendries. Même si le mouvement ne compte qu’un élu, le retrait d’attributions et la rupture de confiance actée par les autres membres du collège est un fait qui peut peser lourd pour l’après octobre.
"Je n’ai aucun problème avec Raymond (NDLR : Langendries), précise Samuel D’Orazio. Mais la décision qui vient d’être prise m’étonne. En demandant un pas de côté de Philippe Angillis, je ne voulais pas faire un coup politique…".
Vincent FIFI




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