Beaucoup de mesures de sécurité pour finalement peu de manifestants, ce mercredi dans les rues de Louvain-la-Neuve. En marge du sommet européen de Bologne, réuni à l’Aula Magna de l’UCL, quelques 300 étudiants majoritairement étrangers se sont rassemblés pour dire NON à Bologne. La manifestation s’est déroulée dans une ambiance globalement bon-enfant. Les policiers n’ont chargé qu’une seule fois, quand quelques manifestants s’en sont pris aux grilles d’accès au sommet européen. Le bourgmestre de Louvain-la-Neuve, Jean-Luc Roland, est d’ailleurs assez satisfait de la réaction modérée de la police. "J’ai entendu plusieurs étudiants français s’étonner du calme olympien des policiers. Finalement tout s’est bien terminé, le dispositif a été levé vers 14h30".
Un travail de fond d'abord
Ces 300 étudiants avaient d’abord travaillé dans différents ateliers, dans des locaux de l’ULB pendant plusieurs jours. Sur la table: le processus de Bologne. Thibault est étudiant en philosophie à Bordeaux : «On est beaucoup à avoir, depuis le début du mouvement, essayé de faire en sorte que ce soit quelque chose de démocratique, propre, qui puisse amener de nouvelles idées, de nouvelles propositions ». Sébastien a coorganisé le contre-sommet de Bologne. "Le but de ce contre-sommet, dit-il, c’est de dénoncer la privatisation de l’enseignement supérieur, l’entrée du capital privé dans les universités. On veut constituer un mouvement européen fort avec une implantation locale partout. C’est la première fois qu’on se réunit pendant un sommet sur l’enseignement supérieur et c’est un moment important".
Ces étudiants regrettent que quelques incidents commis par, disent-ils, une minorité, aient entaché leur travail. Lundi, un petit groupe avait saccagé un auditoire de l’université libre de Bruxelles ainsi que des caméras et des distributeurs. Mardi, un petit groupe d’étudiants encore, avait provoqué une mini-émeute à Leuven lors d’une manifestation ayant le même thème que celle organisé ce mercredi matin à Louvain-la-Neuve.
(O. Leherte)