Certes, même si le temps presse, même si les choses sérieuses n'attendent pas et si les dossiers en cours sont lourds, il ne saurait en être autrement, en tout cas sur la scène internationale, puisque, jusqu'au dernier moment, il avait été volontairement ignoré par ses collègues d'aujourd'hui, ce que d'ailleurs, avec pas mal d'humour -et de mémoire !-, il ne manque pas de leur rappeler subtilement…
Alors donc, les " premiers pas " s'enchaînent, épiés par une meute de caméras qui nous en restituent aussitôt les images, lesquelles sont décryptées, pour notre plus grand bonheur, avec une sorte de gourmandise journalistique…
Ainsi, nous n'ignorons plus rien de la difficulté de négocier le virage du tapis rouge de la Chancellerie de Berlin ; nous voyons comment deux présidents prennent la pause lors de la rencontre dans le célébrissime Bureau ovale de la Maison-Blanche, que le visiteur -révélation de poids- croyait plus grand ; et puis -G8 oblige- nous passons par Camp David où l'accueil de " François " par " Barack " nous vaut ce grand moment médiatique : l'épisode de la cravate... " On avait dit que ce serait informel ", lance Obama à son hôte qui, apparemment, n'avait pas compris que cela signifiait, dans le protocole US, que les hommes laissent tomber la cravate.
" C'est pour ma presse ", réplique-t-il aussitôt en anglais… Après ce très beau moment, les " premiers pas " suivants mèneront à Chicago, pour le sommet de l'Otan, et puis à Bruxelles, à l'invitation du président du Conseil européen. Mais ici et là, l'allure aura changée, sera plus " convenue ", dans la mesure où, désormais, plus personne, semble-t-il, n'attend un " faux pas " du président français qui a, d'emblée, trouvé sa place, comme naturellement, dans le concert international.
Ses adversaires politiques , eux-mêmes un rien dépités, ont changé de disque et abandonné l'argumentation distillée au long de la campagne électorale sur l'absence de " reconnaissance " du " candidat " Hollande par ceux qui comptent sur la scène du monde, ce qui devait mener, disaient-ils, à une sérieuse perte d'influence de la France sur ce terrain-là…Alors, certes, on suit toujours comment le nouvel impétrant accomplit son " entrée dans le monde ", mais désormais, on n'a plus aucun doute : les habits neufs du président Hollande sont coupés à ses exactes mesures.
Un dernier mot, tout de même… Pendant que l'on était invités à observer tout cela au plus près -sans oublier, traités de même, les " premiers pas " de la nouvelle Première dame-, faut-il rappeler qu'il s'agissait, en tous ces lieux choisis de la planète, de se préoccuper, entre autres, de l'Afghanistan (où Hollande est ce matin), de la Grèce, de l'Europe et de l'euro, du Proche et du Moyen-Orient, etc., enfin de tout cela qui fait l'ordinaire des jours, si loin, pour l'essentiel, des micros et des caméras, si loin des réparties chaleureuses et des sourires heureux…
Pierre Delrock
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