Pour l'un comme pour l'autre, la visée stratégique est simple- en tout cas à énoncer : il s'agit de battre l'autre, en faisant comprendre, de toutes les manières, son outrecuidance à prétendre disputer une première place, sans en avoir ni les capacités ni les mérites…
Cela dit, des deux côtés, tant celui de Sarkozy -tenant du titre- que celui de Hollande -de moins en moins challenger-, on saisit très bien les données très immédiates du problème : pour le premier, il s'agit de regagner le terrain perdu, et pour l'autre, de conforter l'avance gagnée au premier tour.
Le jeu est serré, les équipes de campagne sur la brèche, peaufinant les actions possibles, cherchant les slogans qui feront mouche, testant les phrases assassines…Les conseillers et les conseilleurs sont d'autant plus attentifs qu'eux-mêmes jouent leur avenir dans l'aventure…
Bref, nous voici plus que jamais dans la phase finale de l'action : celle de la tactique. Et, il est délicat, cet exercice minutieux qui doit mener à la victoire : il s'agit de tout envisager, pour tous les moments, sans accepter le moindre temps mort ni, bien entendu, le moindre faux pas de qui que ce soit…et tout en sachant bien, naturellement, que celui qui l'emportera saluera la pertinence du travail accompli par ses collaborateurs, tandis que du côté du vaincu, on recherche les failles -et on les trouvera-, pour en condamner les initiateurs…
Donc, pendant 10 jours encore, des deux côtés, c'est le temps des tacticiens qui s'affaireront, tant et plus, en essayant de deviner tout des sentiments, si subtils soient-ils, de leurs compatriotes…Et, logiquement, forts de leurs analyses de l'ombre, ils suggèreront, parfois péremptoires, ce que les Français -pardon : les Françaises et les Français- veulent s'entendre dire et ce qu'ils attendent de celui qui les représentera au sommet de l'Etat.
Et qu'on le veuille ou non, il y a toujours des moments où cette parole des " communicants " est reçue comme s'il s'agissait -tout naturellement- d'une parole de vérité, et cela d'autant plus que l'analyse d'une situation donnée conduit à la plus grande perplexité.
Et c'est bien le cas en ce moment : comment -sans perdre son âme- pomper à l'extrême droite et au centre ce qui permettra à la droite de coiffer la gauche, et pour celle-ci, comment trouver, dans ce même vivier, de quoi faire l'appoint nécessaire pour faire triompher une gauche que la totalité de ses voix ne suffit pas à assurer…
De quelque point de vue que l'on se place, l'exercice, on le sait bien, est délicat, voire périlleux…Alors, en tout état de cause, plus que dix jours à attendre pour savoir, enfin, de quel côté le savoir-faire tactique avait offert la meilleure réponse.
Pierre Delrock
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