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Goebbels et le pianiste

CHRONIQUES | mercredi 18 avril 2012 à 12h36

  • Ça ne vous aura pas échappé, ça fait beaucoup de bruit depuis hier, cette critique de Philippe Moureaux traitant notre confrère de Question à la Une, d'héritier de Joseph Goebbels, maître propagandiste du régime nazi.

     Et puis, le reportage concernait l'islam de Belgique, pour ceux qui ne l'auraient pas vu. Étant moi-même de la RTBF, je me suis dit que j'étais bien mal placé pour faire une chronique là-dessus.

    Je suis comme qui dirait, un petit peu partie au conflit, et en même temps, la polémique dépasse assez largement le cadre de la RTBF, on le voit aujourd'hui et la non-condamnation de ces propos de Philippe Moureaux, par le président du PS, Thierry Giet, ce matin, rajoute encore une couche à l'affaire.

    Alors je ne vais pas ici défendre le reportage de mon confrère, ni défendre la position de la RTBF, d'autres s'en sont déjà chargés.

    Je souhaiterai vous dire un mot de ce procédé très usité de la comparaison avec le fascisme, utilisé ici dans le but évident de salir et d'exclure quelqu'un du débat.

    Au premier abord, le procédé peut paraître salutaire, en fait, le fascisme représente toujours aujourd'hui la référence la plus claire de ce qu'est le mal dans notre société. L'expérience fasciste est le pôle finalement, contre lequel, s'est construite politiquement quasi toute l'Europe de l'Ouest.

    Notre culture politique étant dans sa conception même antifasciste, il est donc assez normal d'y faire référence lorsque nous pensons être confrontés au retour de caractéristiques propres au fascisme, comme l'exclusion, la haine de l'autre, l'autoritarisme.

    Le vieux CRS-SS, vieux slogan,  plus de 40 ans, s'il en est, est bien là pour le prouver, cette référence est assez courante.

    Si le fascisme est considéré comme un mal radical, la comparaison est donc absolue, rien ne dépasse un argumentaire qui vous rapproche et qui vous confond de fascisme. C'est l'arme atomique de l'argumentation, l'arme ultime qui vous exclue de l'espace démocratique. Cette tentative d'excommunication publique de la part d'un vice-président du PS à quelque mois des élections communales, est tout, sauf banale.

    Elle prouve aussi à l'évidence que nous actuellement incapables d'avoir un débat constructif sur la question du communautarisme musulman.

    Oui, il existe à gauche, une forme d'aveuglement sur l'ampleur et les problèmes posés par le communautarisme musulman.

    Et oui, il existe à droite,  une forme d'instrumentalisation de ces problèmes pour jeter le discrédit sur l'ensemble d'une communauté. Entre les deux, les Démocrates cherchent bien difficilement leur chemin et plus encore ce matin qu'hier.

    Pour conclure, citons donc Joseph Goebbels auquel, Philippe Moureaux a fait référence. Voici, pour rappel, la conception que Joseph Goebbels avait des médias : selon lui, je le cite : " l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement", alors non, définitivement, non, la comparaison n'avait pas lieu d'être...

     

    Bertrand Henne

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    Derniers commentaires

    • de darov Excellent article qui ne mérite que des applaudissements. Je pense qu'on pourrat ajouter quelque chose que M Henne a eu la prudence ou la délicatesse de ne pas souligner lui-même : si le fascisme c'est notamment l'autoritarisme, la critique de M Moureaux est elle-même un modèle d'autoritarisme, puisque d'autorité, il jette l'anathème suprême sur un reportage qui n'est que l'expression de la liberté de presse et de la démocratie. On peut donc associer l'attitude de M Moureaux au fascisme.

      25-04-2012 08:05 | Répondre

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  • La chronique de Bertrand HENNE 18/04/2012
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    • de darov Excellent article qui ne mérite que des applaudissements. Je pense qu'on pourrat ajouter quelque chose que M Henne a eu la prudence ou la délicatesse de ne pas souligner lui-même : si le fascisme c'est notamment l'autoritarisme, la critique de M Moureaux est elle-même un modèle d'autoritarisme, puisque d'autorité, il jette l'anathème suprême sur un reportage qui n'est que l'expression de la liberté de presse et de la démocratie. On peut donc associer l'attitude de M Moureaux au fascisme.

      25-04-2012 08:05 | Répondre

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