Comme moi, vous avez peut-être été atterré de la place qu'a occupée cette discussion alors que l'élection se rapprochait de jour en jour. Dans une Europe en crise économique et identitaire, un grand pays comme la France s'est payé le luxe d'une longue polémique, plusieurs jours, sur la divulgation de résultats par des médias étrangers.
On pouvait déjà douter de l'importance qu'a eue une polémique comme celle sur la viande halal. Mais ici, quelle était la plus-value politique de cette prise de bec ? Aucune, nada, schnoll, rien… Cette polémique est un mariage déconcertant de nombrilisme médiatique parisien et d'intérêts financiers.
Je m'explique : les résultats de 20 heures sont, en fait, le produit d'un calcul réalisé sur base de résultats partiels de bureaux de vote fermés à 18 heures. Calcul réalisé par les instituts de sondage.
Or ces instituts vivent de leur partenariat avec les médias. D'abord, les médias sont de gros clients, avides de sondages, on l'a vu. Et en plus, ils offrent une vitrine indispensable aux instituts pour percer sur le très lucratif marché non-médias, en gros les sondages marketing pour les entreprises…
Alors, France 2, TF1, BFMTV et autres craignent que cette grand-messe de la divulgation à 20 heures soit concurrencée par l'influence des réseaux sociaux. Mais pour qu'une info comme celle-là, comme un résultat, soit crédible sur un réseau social, il faut une source crédible et, avant 20 heures, cette source ne peut être qu'un grand média étranger.
Les journalistes craignent une perte d'influence et les instituts de sondage une perte de visibilité. Haro donc sur le baudet : les médias étrangers qui ont annoncé, comme de juste, que la loi française ne les concernait pas…
Piqués au vif, les journalistes parisiens ont donc mis la pression sur les instituts de sondage pour qu'ils évitent les fuites…Mais pire et beaucoup plus grave, ils ont mis la pression sur les autorités pour qu'elles fassent respecter la loi en imposant cette question comme un thème de fin de campagne présidentielle. Chaque candidat a été interpellé, des heures d'émission ont été consacrées à cette divulgation pour satisfaire l'égo des journalistes parisiens…
Soyons clairs, il y a eu confiscation de la campagne dans le seul but de protéger les intérêts financiers des chaînes et de revaloriser ce fameux égo des journalistes parisiens.
Pour info, mais quand même, c'est assez piquant de remarquer que l'estimation donnée par France 2 à 20 heures, pour les deux candidats arrivés en tête de l'élection présidentielle, était plus éloignée des résultats définitifs -ceux qui arrivent pendant la nuit- que celles données par la RTBF à 17 heures…Comme quoi à force de se regarder le nombril, on se prend quand même bien les pieds dans le tapis…
Bertrand Henne
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de Clodomir Ben non, ce n'est pas comme ça que ça marche! C'est une des fortes règles de l'organisation d'élections que les résultats ne soient pas divulgués avant que tout le monde ne se soit exprimé. Cette règle vous paraît-elle absurde? Alors, non, la Belgique n'est pas tenue par une loi française. Mais nous aurions pu aussi respecter la démocratie et son mécanisme électoral chez nos voisins français. Voyez-vous, Monsieur Henne, il y a les lois et l'esprit des lois. Facile de parler des intérêts français dans cette "affaire"; nous ferez-vous une chronique sur les intérets des medias belges dans cette affaire? On l'attend... Et n'oubliez pas que se respecter entre voisins, ça, ça porte.
28-04-2012 02:51 |
de Un parmi d'autres beaucoup de bruit pour rien. Mais ce billet alimente ce "bruit pour rien". Ah, les journalistes !
25-04-2012 20:02 |