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Deux ou trois choses que je sais de la Belgique

OPINIONS | mercredi 19 septembre 2012 à 14h47

  • Quatrième volet de notre petit tour des citoyens européens vivant en Belgique. Cette fois un Grec. Un restaurateur passionné à la fois par son métier et par les produits de son pays mais aussi amoureux de la Belgique, plus précisément de Bruxelles. Les réflexions d'un homme qui retourne encore régulièrement en Grèce et qui, bien sûr, compare sa patrie d'adoption à sa patrie d'origine.

    Je suis Grec et je vis en Belgique depuis plus de 25 ans. Je travaille dans la restauration. Pas très original si ce n'est que je suis le propriétaire d'un restaurant de cuisine grecque gastronomique. Si j'ai décidé de venir faire ma vie dans ce pays après y avoir fait des études, c'est d'abord parce que j'aime Bruxelles, cette ville où vivent l'Europe et les Européens. Cette ville où toutes les langues et toutes les cultures se croisent. Un phénomène qui s'est affirmé au cours des ans. Pour moi Bruxelles était et reste la plus belle ville européenne, même si il y pleut souvent.

    Pendant toutes ces années j'ai appris à connaître la Belgique, à connaître les qualités et les défauts de ses habitants, de ses hommes et femmes politiques, de son système de gouvernement.

    Ce qui m'étonne toujours ici en Belgique, c'est le fait que ce pays connaît deux langues. Moi je viens d'un pays unilingue, il n'y a donc pas ce type de problème. Ici j'ai l'impression que les deux groupes linguistiques se disputent une sorte de suprématie, que l'un veut être au dessus de l'autre. Avant les francophones voulaient dominer les flamands, aujourd'hui, à Bruxelles c'est l'inverse. M'étonnent aussi ces flamands qui connaissent parfaitement le français mais qui ne veulent pas le parler … sauf après un verre ou deux. Chez nous, quand quelqu'un ne parle pas grec, on lui parle directement en anglais.

    Une des qualités des Belges c'est leur capacité à s'adapter aux situations difficiles. J'ai été frappé lorsque les agences de notation ont dégradé la note de la Belgique, les politiques sont parvenus à former un gouvernement alors qu'il y avait plus d'un an et demi qu'ils tentaient de le faire. Nous, en Grèce, nous sommes en faillite depuis deux ans et rien ne bouge ou quasi. On a l'impression que les politiques sont incapables de prendre la dimension de la crise et des mesures qu'il faut prendre pour la surmonter; ils annoncent beaucoup de choses mais fondamentalement ne font pas grand-chose si ce n'est continuer à réduire les retraites des fonctionnaires ou les salaires des travailleurs sans aller chercher l'argent où il se trouve; le gouvernement sait qui sont les grands fraudeurs, ceux qui déclarent 10.000 euros de revenus par an mais possèdent une villa avec piscine qui en vaut trente ou quarante fois plus, mais aucune véritable mesure n'a été prise pour arrêter cette fraude.

    Cette capacité d'adaptation des Belges, on la trouve aussi dans leur facilité à s'intégrer quand ils vivent dans un pays étranger. J'ai autour de moi de nombreux Belges qui, à un moment ou à un autre, ont décidé de quitter leur pays pour aller vivre ailleurs et la plupart du temps cela a été une réussite. Ils ont appris la langue et se sont fondus dans leur pays d'accueil.

    Et puis la Belgique a des hommes d'affaires de bon niveau. C'est eux qui font la richesse du pays, beaucoup plus que les politiques. En outre, certains ont gardé un certain sens "national" et préfèrent investir dans leur pays, quitte à prendre plus de risques, plutôt que de partir à l'étranger. Cela m'avait frappé entre autres lors de la faillite de la Sabena : des investisseurs belges sont venus au secours de la compagnie, pour sauver ce qui pouvait l'être encore. Une fois de plus, la comparaison avec la Grèce est en faveur de la Belgique, car en Grèce la plupart des hommes d'affaires ne cherchent qu'une chose : placer leur argent ailleurs que dans leur pays.

    Deux points négatifs : comme beaucoup d'indépendants, je trouve que les taxes ici sont trop lourdes et cela n'a fait qu'empirer au cours du temps. Pour moi c'est contre-productif sur le plan de l'emploi et c'est un frein à l'initiative.

    Et puis malgré tout cela, une chose me manque ici, dans ce pays que j'ai fait mien : la lumière, pas la chaleur, mais la lumière incomparable de ma patrie d'origine.

    Stephane Svanias, restaurateur

    Jeune, Stephane Svanias a quitté Athènes pour faire des études d'hôtellerie à Bruxelles. Retourné dans son pays, il a décidé de venir s'installer à Bruxelles et y a créé plusieurs restaurant. Il s'est marié en Belgique avec une Hongroise et ne retourne plus en Grèce que pour les vacances ou pour aller trouver les produits (vin et aliments) dont il a besoin pour faire un cuisine grecque de grande qualité.

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