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C'est quand le bonheur ?

CHRONIQUES | mardi 26 juin 2012 à 13h43

  • Puisque c'est presque les vacances, revenons sur cette petite enquête qui s'interroge sur le bien-être des Belges. Il parait que nous sommes tous déprimés.

    Mais qu'est-ce que le bonheur ? Voilà bien la question philosophique tarte à la crème par excellente et, pourtant, son objet parait insaisissable. Le bonheur nous échappe en permanence puisqu'il est souvent insouciance... Alors, il est exact que, dans le bonheur, il y a le rapport au temps. Ce que les enquêtent démontrent, ce n'est pas tellement que les citoyens sont malheureux, c'est surtout qu'ils sont angoissés.

     

    Or le vrai bonheur, il s'attrape dans les projets, dans les visions d'avenir. Le bonheur, ce n'est pas seulement planter sa main dans un sac de grains version Amélie Poulain, c'est surtout faire des projets, se projeter dans l'avenir. Et notre époque est anxiogène. Nous pensons que nous vivrons moins bien que nos parents.

     

    En fait, nous payons, avec nos angoisses, le prix de nos libertés et notre capacité à les gérer. Pensez donc : des générations d'esclaves, de paysans, de mineurs, de soldats n'ont jamais eu, au cours des siècles, l'opportunité de choisir que faire de leur vie.

    Nous, nous avons ce luxe inouï et nous sommes face à notre propre liberté, c'est-à-dire face à notre capacité d'échec et d'insatisfaction. Tout est possible, et donc nous n'avons plus d'excuse. C'est vrai, c'est terriblement angoissant ! Nous sommes malheureux parce que nous sommes angoissés, et nous sommes angoissés parce que nous sommes libres.

    Sortir de la caverne, cela a un prix. Et au niveau macro, le cercle devient encore plus vicieux. Notre système économique est construit, en quelque sorte, sur le bonheur, dans la mesure où il est basé sur la confiance. Si tout le monde est angoissé, si personne n'entreprend, si personne n'investit, si personne ne crée de richesses, l’État ne peut plus financer les pensions, les allocations des plus démunis.

     

    Au fond, c'est tout le débat de l'austérité actuelle en Europe. Comment créer un choc de confiance et lancer la croissance sans casser la machine ? Alors, ce n'est pas facile. Il faudrait idéalement pouvoir allier protection sociale et envie d'entreprendre, par exemple, je ne sais pas, en combinant gauche et droite dans un même gouvernement.

     

    Une telle équipe pourrait alors restaurer la confiance, rassurer les citoyens, réunir une population enthousiaste derrières les réformes nécessaires. Quoi ? J'ai dit une bêtise ?  

    François De Smet

    Retrouvez les chroniqueurs de Regards croisés du lundi au vendredi dans le grand journal de la mi-journée sur La Première. 

     

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