C'est vrai que s'entendre expliquer que les Flamands sont des gens qui vivent plutôt dans leurs maisons, c'est rigolo. Se faire rappeler que les Flamands sont des citoyens ponctuels qu'il est de bon ton de ne pas déranger après 10h du soir, ça devient même cocasse.
Toutefois, la maladresse, c'est toujours délicat de la moquer, parce qu'il n'y a que ceux qui essaient de marcher qui trébuchent. Les Flamands ont au moins le mérite, eux, d'avoir un parcours d'intégration depuis 8 ans.
Pendant toutes ces années, le simple fait de proposer un parcours migratoire d'intégration dans le Sud du pays, apparaissait comme une velléité de contrôle et d'assimilation des étrangers, mue par de sombres desseins. Et puis - alléluia - tout de même, on a appris tout récemment qu'un parcours commun à la Wallonie et à Bruxelles était en gestation.
Une sorte d'inburgering francophone, avec cours de langues, accompagnement, mais avec une différence majeure à l'absence de caractère obligatoire. Alors arrêtons-nous sur cet élément, puisque c'est le nœud de la polémique car la question philosophiquement risque d'être posée : l'obligation est-elle nécessairement agressive, est-elle ou non efficace ?
Bref, l'obligation est-elle réductible à sa sanction ou pourrait-elle constituer le vecteur d'autres choses ?
Le droit de vote par exemple est obligatoire en Belgique. Personne ne le considère pour autant comme une agression contre les électeurs ni ne songe un instant à mettre en cause son efficacité. Pourquoi ?
D'abord parce que cette obligation marque et valorise depuis longtemps la reconnaissance d'un droit. Ensuite parce que tout le monde sait bien qu'au fond, cette obligation est surtout symbolique et tout est là.
L'intérêt de l'obligation ne réside évidemment pas dans la sanction qu'elle pré-suppose mais dans la sanctification qu'elle permet.
Il en est de même pour l'inburgering flamand : au-delà des quelques amendes, les maladresses, les principaux intéressés semblent approuver l'utilité d'un parcours qui, en premier lieu, a le mérite d'incarner un message de reconnaissance et tel est bien le problème : souhaitons-nous assumer une véritable politique d'intégration proactive, qui obligerait les autorités à entretenir un message clair d'inclusion vis-à-vis des migrants ? Souhaitons-nous sortir du véritable flou actuel où l'on développe quelques politiques éparses sans oser un message de fond qui consisterait à dire qui est le bienvenu, à quelles conditions, et donc - inévitablement - à déterminer les valeurs communes de la société d'accueil ?
On le perçoit bien : l'obligation n'est qu'un outil. L'enjeu réside surtout dans la consistance et la réalité de ce qu'on offre comme message. Or, on ne voit guère comment une autorité qui ne propose pas un discours clair et inclusif vis-à-vis des migrants, pourrait comme par magie, engendrer
un sentiment d'appartenance, d'envie et de fierté. Pour le dire autrement, je ne suis pas certain que j'aurais moi-même envie de m'intégrer dans une société qui ne considère pas que ma présence est quelque chose d'important et qui ne mérite pas d'être l'objet d'une politique proactive.
L'intégration complètement facultative, c'est un peu comme la culture entièrement gratuite : c'est le cap où la bonne conscience finit par tuer ce qu'elle voulait promouvoir en lui ôtant à la fois consistance et crédibilité.
François De Smet
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de messidor que voilà qui me parle, qui met des mots sur ce que j'aurais souhaiter dire qui pose les bonnes questions ! Qui me fait réléchir en voyant devant moi , pas toujours derrière ou à côté !Votre billet a-t-il été envoyé aux Flamands , Ce serait chouette! Pourquioi n'ai je pas fait philo au lieu de sciences sociales ?
06-06-2012 13:51 |