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Balade "sondagière"

CHRONIQUES | vendredi 30 mars 2012 à 14h05

  • Pour ceux, qu'à un titre ou à un autre, la politique en France passionne, il n'y a pas plus qu'une seule question qui importe : " Qui sera le prochain président de la République ? Réponse, au soir du deuxième tour de l'élection, soit le 6 mai, ce qui calmera, d'un seul coup - au milieu des rires ou des pleurs -, l'immense impatience qui les tourmente inexorablement depuis des mois...

    En attendant, comment faire pour calmer cette attente qui peut confiner à l'angoisse et, pour essayer du même coup de préfigurer l'avenir ? Eh bien, irrésistiblement semble-t-il, par les sondages d'opinion, et l'étude minutieuse des tendances qu'ils précisent depuis le début de la campagne.


    Ils sont,- et c'est bien là un signe de l'intérêt qu'on leur porte - omniprésents : pratiquement tous les jours, on en retrouve les chiffre et les courbes dans tous les médias - qui, d'ailleurs, en sont, régulièrement, les commanditaires et naturellement dans les analyses des équipes de campagne des candidats chargées notamment d'en tirer des enseignements - parfois spécieux - dont on retrouve la trace dans les interviewes, dans les discours ou dans ce qu'on appelle désormais les "éléments de langage" que les fidèles, chargés de la déstabilisation des autres candidats, distillent à tout va...


    Donc, les sondages... Ces sondages pour si souvent décriés et dont on recense régulièrement certaines erreurs "historiques" - Le Pen non annoncé au deuxième tour, face à Chirac...est le plus souvent cité. Ces sondages dont on rappelle obstinément aussi, qu'ils ne sont que des instantanés, une photographie de l'opinion à un instant donné - déjà enfui au moment où on aligne les chiffres - et donc absolument pas une prédiction du résultat futur ...

     

    Mais ces sondages, décidément indispensables, à tous ceux qui, peu ou prou, sont les acteurs de la campagne : voyons, d'ailleurs, comment, à peine publiés, ils sont disséqués, et commentés par les spécialistes les plus autorisés- en tout cas bien connus tant leur présence est récurrente dans ce genre
    d'exercice - et qui, leur attribuent, sans guère de réticence, une valeur politique essentielle, et observons comment les candidats, ou leurs lieutenants,  ne peuvent pas y faire régulièrement allusion, soit pour afficher une satisfaction qui se veut modeste - " c'est un encouragement, mais la campagne n'est pas terminée", etc ... - soit pour manifester un dépit que tempère cependant le rappel, précisément, ou de l'un ou l'autre des couacs du passé...

     

    Et, ainsi, les courbes montent ou descendent sur toutes les pages et sur tous les écrans de l'information, ce qui permet de "visualiser" commodément par exemple ces jours-ci,  la partie de saute-mouton de Sarkozy et Hollande, alternant à la première place, en vue de rabattre certaines cartes, à tout le moins, pour l'après élection...

    Ainsi donc, au fil des jours, va la vie de ces sondages qui, en définitive, ne font qu'accompagner les incertitudes inhérentes à toute élection démocratique... ce qui, au bout du compte, veut dire aussi que c'est avec une vive curiosité qule nous attendons le prochain...

    Pierre Delrock

     Retrouvez les chroniqueurs de Regards croisés du lundi au vendredi dans le grand journal de la mi-journée sur La Première. 




     

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