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Jean-Pascal van Ypersele est l'invité de Matin Première

27.11.09 - 06:09

A l'approche du sommet pour le climat de Copenhague, pour lequel votre chaîne préférée se coupera en quatre, Arnaud Ruyssen reçoit Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue, professeur en physique de l'UCL, vice-président du GIEC. Ils évoqueront les décisions importantes prises par les Etats-Unis et la Chine concerant leurs promesses respectives de réduction de leur empreinte carbonique. Posez également VOS questions au 070/22.37.37 ou sur ce site.

Invité : Jean-Pascal van Ypersele

Musique : John Lennon avec Imagine.

-      Jean-Pascal van Ypersele, bonjour

-      Bonjour

-      Alors Imagine, ça colle assez bien à la lutte contre le réchauffement climatique, un domaine où on imagine beaucoup mais où on a fait assez peu jusqu’ici. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?

-      On a fait en tous cas beaucoup trop peu. Ça c’est sûr par rapport à l’ampleur du problème, on est vraiment très loin en dessous de ce qu’il faudrait faire. Ça c’est tout à fait clair. Mais je crois que c’est aussi important d’imaginer le meilleur vers lequel on pourrait aller si on s’y mettait et ce serait dans l’intérêt de tout le monde.

-      Mais est-ce qu’on ne rêve pas un petit peu quand on entend des projections assez optimistes. On va réduire de 20, de 30% même peut-être les émissions de gaz à effets de serre… Pour 2020, c’est ce qu’annonce les européens, or, on voit qu’avec Kyoto, qui n’était pas tellement ambitieux, on n’a déjà du mal à remplir les objectifs… alors est-ce qu’on ne rêve pas un peu en couleurs ?

-      Et bien d’abord, je crois que les objectifs en Europe vont être réalisés, je suis assez confiant dans cela… Ils étaient très faibles, c’est vrai, Kyoto, c’était réduire de 8% les émissions pour l’Europe en 20 ans… Donc maintenant, on parle d’aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin. Et en ce qui concerne la réduction de 20% mais la législation européenne est déjà en place. Donc les Européens en tous cas, ils ne rêvent pas tellement, ils mettent en place les législations qui permettent de réaliser les objectifs.

-      Et la législation suffira selon vous, à changer les comportements ou un moment donné, il faudra plutôt, adapter la législation parce qu’on se rendra compte que les comportements n’ont pas suivi ?

-      Ah, je pense que de toutes façons les politiques climatiques demandent une adaptation continue, et autant je suis confiant dans le résultat de Copenhague autant, je suis confiant dans le fait qu’il faudra recommencer les négociations pour aller plus loin après Copenhague.

-      Alors justement, Copenhague, l’horizon se dégage un tout petit peu pour cette réunion de Copenhague depuis mercredi, on connaît les objectifs des E-U, depuis hier, on connaît les objectifs de la Chine qui annonce des chiffres qui paraissent assez impressionnants, moins 40% de son intensité carbone, alors cela veut dire quoi ? Ce n’est pas une baisse en chiffre absolu, c’est une baisse proportionnelle au PIB. Cela veut dire que si le PIB continue à monter et bien la Chine se réserve le droit d’augmenter aussi proportionnellement ses émissions de carbone. Alors, ça, est-ce que c’est un pas en avant ? Est-ce que c’est un geste fort de la Chine ?

-      C’est un pas en avant, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un geste fort parce que quand on regarde des projections qui avaient été faites par l’agence américaine de l’énergie, il y a 2,3 ans … L’intensité carbone de la Chine était projetée comme étant sans changement majeur. Allant vers une diminution de 45% donc ce qui vient d’être annoncé, c’est largement ce qui ce serait produit de toutes façons, parce que c’est dans l’intérêt de la Chine, elle-même de diminuer ses gaspillages énergétiques. C’est d’ailleurs dans l’intérêt de tout le monde.

-      Donc pas un vrai effort, ou en tous cas un effort qui était déjà prévu, c’est cela que vous dites ?

-      C’est un effort qui aurait eu lieu de toutes façons, parce que de toutes façons, il y a intérêt pour la Chine à réduire sa consommation d’énergie. Parce que l’énergie qui est gaspillée n’apporte rien… Et que donc économiquement, cela a de toutes façons du sens de réduire les gaspillages d’énergie et les projections qui étaient faites par cette agence américaine de l’énergie montrait que la Chine à l’horizon 2020 allait réduire son intensité carbone de 40 ou 45%  donc ce qui a été annoncé, c’est une confirmation de ce qui se serait passé presque naturellement.

-      Pourtant on a entendu certaines organisations de l’environnement dire oui, c’est assez positif mais c’est même irréaliste… On se demande comment ils vont pouvoir parvenir à cela… Alors vous expliquez comment ce scepticisme ?

-      Et bien, je crois que les gaspillages énergétiques dans beaucoup de pays en développement et chez nous aussi d’ailleurs sont tellement grands que la marge de manœuvre est très grande pour réduire la consommation d’énergie pour un niveau de service, de confort donné. Donc, je pense que si l’agence américaine de l’énergie faisait ces calculs là il y a trois ans… Cela doit être raisonnable…

-      Alors justement, parlons des E-U eux-mêmes là, Barack Obamma a annoncé, on parle un peu de chiffres, moins 17% pour les E-U à l’horizon 2020… Alors attention, c’est par rapport à l’année 2005… ce moins 17%. Or, les Européens parlent de 1990, ça c’est une différence assez fondamentale…

-      Oui, cela brouille un petit peu le débat. D’ailleurs heureusement, le secrétariat de la convention a fait un tableau qui ramène tout ça à 1990 et donc un effort comme celui que les américains viennent d’annoncer et qui est contenu dans la législation qui est déjà passé à la chambre des représentants, ça correspond à une diminution de 3 à 4% par rapport à 1990.

-      Cela veut dire que si l’on se met sur la même base que les Européens, les Européens avec leur législation pourraient baisser de 20% et proportionnellement les E-U seulement de 3% ?

-      Oui, et les Européens, il y a beaucoup de chances qu’ils annoncent à Copenhague qu’ils vont jusqu’à 30% de réductions, c’est ce que beaucoup espère en tous cas…

-      Mais vous, vous avez l’air assez optimiste quand on voit cela… Vous dites les Européens vont y arriver. Ils vont peut-être même aller plus loin. On va avoir un accord à Copenhague… Est-ce que vous n’êtes pas trop optimiste eut égard à ce qui a été fait les années précédentes qui ont montré que ce n’est pas évident même s’il y a la volonté d’avancer dans ce réchauffement climatique.

-      Je prends peut-être quelques risques en étant aussi optimiste. Mais, je suis assez confiant. Quand je vois l’intensité des travaux de préparation, quand je vois le degré de prises de conscience chez énormément de citoyens, énormément d’acteurs économiques aussi, de chefs d’entreprises, qui ont compris maintenant qu’il fallait agir et que c’était dans la plupart des cas dans leurs intérêts, quand on voit le nombre de chefs de gouvernement, de chefs d’état qui seront présents à Copenhague, plus de 65 alors qu’à Kyoto, il y en avait 3 ! Je n’imagine pas qu’à Copenhague, il puisse y avoir autre chose qu’un succès même si en même temps, je dis cela sera insuffisant, il faudra continuer après Copenhague. D’abord il faudra traduire en termes juridiques ce qui aura été décidé sur le principe. Et même quand on aura fait ça, il faudra encore aller plus loin dans les années qui suivent… Mais je crois qu’on va vraiment dans la bonne direction maintenant…

-      Mais vous ne craignez pas un effet de mode tout de même, pour le moment, on voit bien que tout le monde se préoccupe du climat, il y a des ministères du climat dans pas mal de gouvernements européens, tous les dirigeants vont se rassembler là-bas alors que par comparaisons au sommet de la FAO sur le problème de la faim dans le monde qui est aussi capital… Il n’y en avait aucun ou quasiment…Est-ce qu’il n’y a pas un effet de mode qui dans deux ans sera peut-être passé et finalement l’urgence climatique apparaîtra peut-être moins urgente ?

-      Alors, j’espère que non, je crois qu’il y a toute de même une différence, qui est dommage pour le problème de l’alimentation, c’est que pour l’alimentation, ceux qui ont de l’argent pourront toujours s’acheter à manger même si il y a moins à manger dans le monde à cause par exemple des changements climatiques qui vont affecter l’agriculture aussi. Tandis que le climat, il est partagé par tout le monde… Autrement dit, nous allons tous, aussi bien dans les pays riches que dans les pays en développement être affectés par les changements climatiques.

-      Mais un peu comme pour la faim, les pays les plus pauvres risquent d’être plus affectés par ces changements climatiques ?

-      C’est vrai mais seulement dans un premier temps. Il ne faut pas oublier tout de même que l’été 2003, c’est en Europe 50000 décès, c’est 1200 décès en Belgique… Les inondations qui ont touché l’Angleterre la semaine dernière, l’Irlande encore cette semaine touchent des centaines de milliers de personnes. Donc, les pays développés ne sont pas à l’abri des impacts des changements climatiques non plus, il ne faut pas l’oublier.

-      Alors, il y a quelque chose qui brouille peut-être quand même par contre un peu le message, par rapport à cette réunion de Copenhague, c’est des chiffres qui partent un peu dans tous les sens. Alors, on l’a dit pour les émissions mais même les chiffres sur les constats en terme d’augmentations climatiques, certains experts disent encore récemment cette semaine-ci, on va aller jusqu’à +7° d’ici 2100 si on ne fait rien. D’autres du côté du GIEC disent aussi, on sera à +2° d’ici 2100, il faut surtout ne pas aller plus loin, et puis, il y en a d’autres qui disent encore, oui, on va avoir un arrêt du réchauffement climatique pendant quelques dizaines d’années… Alors est-ce que ça ne devient pas un peu compliqué de s’y retrouver…

-      Oui, mais on peut expliquer toutes ces différences simplement en fait,  le GIEC dit qu’on ne peut pas prédire le climat… On peut seulement faire des projections. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas prédire le climat ? Parce que dans une large mesure, le climat qui va régner en 2100 dépend des décisions qui vont être prise dans les moins et les années qui viennent. Il fera plus chaud si on pollue beaucoup… Il fera moins chaud si on pollue moins. Alors, c’est vrai que la gamme va de 1 à 6° et demi dans les calculs du GIEC, par rapport à la température de 1990. Si c’est par rapport au niveau préindustriel, il faut rajouter un demi degré, on retrouve les 7° dont on parlait il y a un instant mais c’est un chiffre maximal. Et quand on dit 2°, ce n’est pas ce vers quoi on va mais c’est ce qu’on devrait essayer de ne pas dépasser. Parce qu’au-delà de 2°, c’est peut-être d’ailleurs au-delà d’1 degré et demi  d’ailleurs, les impacts deviendraient très importants… Donc, on peut comprendre tous ces chiffres… Il faut simplement les expliquer.

-      Mais au-delà de ces chiffres, il y en a aussi qui disent finalement, et on entend de plus en plus de voix, comme celle de Claude Allègre par exemple en France, ces derniers temps, disant, on fait beaucoup de cas de ce réchauffement climatique, des réchauffements, des refroidissements climatiques, il y en a eu dans toutes les étapes de l’histoire. L’homme doit plutôt s’adapter, plutôt qu’essayer d’adapter la nature… Vous lui répondez quoi à Claude Allègre qu’on entend dans tous les médias français pour le moment…

-      Mais, il faut certainement s’adapter. Il faudra s’adapter à la partie des changements climatiques qu’on n’a pas réussi à éviter. Ça sur ce point-là, il a tout à fait raison. Pour le reste, c’est justement pour clarifier cette question-là que les Nations-Unies ont créé le GIEC, c’est pour faire le tri entre toutes les informations… Certaines de meilleures qualités que d’autres. Et le Giec qui fait travailler ensemble des milliers de scientifiques, est arrivé à la conclusion très claire maintenant que l’essentiel du réchauffement des 50 dernières années étaient du aux activités humaines et pas aux facteurs naturels… Et je pense que la crédibilité de ces milliers de scientifiques est beaucoup plus grande que celle de Monsieur Allègre qui n’est pas climatologue.

-      Et bien, c’est sur ce constat-là en tous cas que vont se pencher les dirigeants à partir du 7 décembre à Copenhague. Pascal.

 

 


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Commentaires

10h30 Tiens ? Les commentaires ne sont plus publiés depuis 9h00 ? C'est habituel ou il s'agit d'une censure ? Si vous filtrez les commentaires, pourquoi donner l'illusion aux gens qu'ils peuvent s'exprimer sur votre site?

J'aimerais connaitre les noms des sociétés petrolières qui donnent 10000$ par article contredisant le GIEC. Je suis preneur.
D'autre part, combien est payé Mr Van Yperseel pour soutenir avec ces "milliers" de scientifiques la thèse "anthropique".
Je trouve audacieux de sa part de faire l'éloge du scepticisme alors que son GIEC refuse de prendre en compte toutes les études contredisant cette théorie qui semble chaque jour de plus en plus boufonne et qui relève plus de la politique que de la Science.

Bonjour,
Il serait tout de même plus intéressant de laisser parler les gens qui ont quelque chose à dire plutot que de passer des publicités idiotes.

Mr Van Ypersele n'a pu répondre aux questions que 10 min !!!!
8h55 et voilà c'est déjà fini !!!!

Bientot cette émission deviendra une chronique de 2 min !!!!

@Jeannot,
Je dirais même plus, Pub idiotes, agressives et stressantes qui vous gâchent votre journée.

+1
Il est vrai que nous sommes très près d'une chronique.
Je ne suis pas assez instruit pour pour confirmer ou infirmer ce qui viens d'être dit, mais j'ai quand une bonne vingtaine de questions sans réponses et la toute première est, lors de la dernière période glacière, le taux de CO² était 300X plus élevé qu'aujourd'hui donc je ne comprends plus, on avait oublié d'allumer le soleil LOL

Monsieur Van Ypersele,
Comment réagissez-vous a cette manipulation de l'information ?

++++++++
En 1996, ils nous sortent un rapport dont le titre en français est "Résumé pour les décideurs" et en anglais "Summary for policymakers" dans lequel la branche politique de l’IPCC impose de supprimer les deux dernières réserves que voulaient quand même mettre les scientifiques :

- aucune des études citées dans ce rapport n’a démontré clairement que nous pouvons attribuer le changement climatique observé aux gaz à effet de serre ;

- à ce jour, il n’existe aucune étude prouvant que tout ou partie du changement climatique résulte des activités humaines.

Et le rapport part donc, en expliquant que le changement climatique est dû aux gaz à effet de serre et à l’activité humaine, sans aucune des réserves scientifiques nécessaires.

extrait d'un excellent article : http://www.naturavox.fr/Rechauffement-climatique-aucune-preuve-de-son-or...

Je tiens à votre disposition une page complète d'article et critiques scientifiques qui démontrent la manipulation organisée par la grand messe climatique. Normal c'est la crise et le pognon va couler à flot une fois que le sentiment de culpabilisation aura bien été assimilé dans la population qui sera de toute façon le cochon payeur.
+++++
Je suis curieux d'entendre votre réaction, vos justifications ou tout simplement mon exclusion "urbi orbi"
Bonne journée

Bonjour,

Voici ma double réflexion :

* Paris-Dakar : ne pensez-vous pas qu'il est grand temps de mettre un terme
à cette tradition qui pollue et détruit les régions traversées ?
Des milliers de litres de carburants gaspillés non seulement par les
concurrents mais aussi par toute la logistique cette épreuve suppose.

* Ferroutage : les ministres des transports de Belgique et de l'Union
européenne vont-ils enfin se décider à jeter les bases de programmes de
ferroutage
en Europe ? Des dizaines de milliers de camions traversent plusieurs pays
d'Europe chaque jour sans avoir la moindre livraison à y effectuer.
Conséquence : des milliers de litres de gasoil brûlés en pure perte,
accroissement significatif des accidents graves de la circulation causés par
des poids lourds,
déterioration des routes et autres nuisances.
Les sociétés de chemins de fer y trouveraient leur compte, les usagers de la
route circuleraient plus aisément, les chauffeurs pourraient profiter des
heures de repos
et ce serait tout bénéfice pour l'environnement.

Je vous remercie.

Roland de Wergifosse

A lire ce forum ... visiblement, le réchauffement climatique est ....
"une vérité qui dérange" beaucoup de monde ! ! !

Il n'y a que la vérité qui blesse

Tan que CAPITALISME règne sur monde, ne espérer pas aucune amélioration, parler à la radio, ou montrer un film à la TV, ne serve à rien, Il Faut Changer Le System pour ameliorer la qualité de vie,
Pas de Bourse, Pas société de concurrence, Pas de Bank,
vous le savez vous aussi,

d'après les chiffres, l'Europe aurait respecté les exigences de kyoto;
la question: comment peut-on évaluer qu'il y a eu diminutions et comment peut-on les chiffrer?

merci

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