METEO

Belgique

Bruine

min   max

la météo en Belgique et en Europe

BOURSE

    Bourse
  • Emission Matin Première
  • Emission Au Quotidien
  • Emission Mise au Point
  • Emission Questions à la Une
  • Emission Transversales
  • Emission Répondez@laQuestion
Monde » Italie » article

 
 
L’agression de Silvio Berlusconi, un coup monté ?

20.12.09 - 10:18

Une question taraude les Italiens : l’agression de Silvio Berlusconi avec une réplique miniature de la cathédrale de Milan ne serait-elle pas en réalité qu'un grand coup de bluff ? La question fait le tour de la toile en Italie, séquences vidéo à l’appui.

Voilà quelques jours déjà que la polémique autour de l'agression du président du Conseil enfle. D'abord relayée par les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, des médias comme le notable Corriere della Sera emboîtent le pas à la propagation de la rumeur disant que les images paraissent faussent. Et en effet, le visionnage point par point de la vidéo, vue 300 000 fois, soulève quelques questions...


Questions et suppositions

Pour rappel des faits, à l'issue d'un meeting à Milan dimanche dernier, Silvio Berlusconi recevait en pleine figure une réplique miniature de la cathédrale gothique de Milan lancée par un déséquilibré. Un caméraman du Popolo della liberta - parti politique du cavaliere - était bien sur place, mais il filmait la foule à ce moment-là, et les seules images tournées furent celles de la chaîne de télévision Rai News 24.

Tout y est confus, il y a de l'agitation; la première image claire que l'on a est celle du chef d'Etat, le visage recouvert d'un sac noir. Et le premier constat est : pas une goutte de sang sur son visage, pas même une griffe.

(Précisons quand même que le chef du gouvernement -très attaché à son apparence- a eu deux dents cassées, une fracture du nez et une blessure à la lèvre supérieure.)

Selon son médecin, Silvio Berlusconi aurait alors perdu un demi-litre de sang. 

Mais, problèmes : son col de chemise est resté immaculé, et d'où vient ce sac poubelle noir qu'on place immédiatement sur le visage du chef d'Etat avant qu'il n'entre dans la voiture ?

Car viennent ensuite ces longues minutes dans la voiture où il est impossible d'y voir quelque chose. Jusqu'au moment où l'on aperçoit enfin le visage ensanglanté du chef d'Etat, et un homme, qui se tient à ses côtés, et qui serre dans sa main droite quelque chose de suspect.

D'où cette question : pourquoi Silvio Berlusconi est ressorti de sa voiture et est resté si longtemps avant de se rendre à l'hôpital ? Si c'était arrivé à Barack Obama, il y a fort à parier que, sécurité oblige, le président américain aurait été emmené loin et très rapidement...

La liste de suppositions est encore longue, et chacun ira de ses explications et insinuations.

Tout est question d'image

Ce ne serait pas la première fois qu'un homme d'Etat met en scène un "incident". Rappelez-vous, c'était la nuit du 15 au 16 octobre 1959. François Mitterrand, alors sénateur de la Nièvre, entre dans sa voiture garée rue de l'Observatoire à Paris. Aussitôt, il est pris pour cible par des tireurs armés de pistolets mitrailleurs. Celui qui en 1981 deviendra le 21ème président de la République française s'en sort indemne. Le lendemain, l'évenement fait la une de tous les journaux. Sauf que trois jours plus tard, Robert Pesquet, un des agresseurs, affirme avoir été commandité par François Mitterrand lui-même, alors soucieux de faire remonter sa côte de popularité et de regagner les faveurs de l'opinion publique. Ecroué, le sénateur de la Nièvre bénéficiera d'un non-lieu.

Autre anecdote qui date de 1995, lorsque Edouard Balladur, avec l'aide de son conseiller de communication, avait organisé une fausse panne d'hélicoptère. Il s'était alors retrouvé à faire de l'autostop. Sauf que c'est la cousine d'un député, amie de Balladur, qui, garée quelques mètres plus loin, avait attendu le pouce tendu du Premier ministre pour le prendre en stop. L'objectif était de rendre l'image d'Edouard Balladur plus populaire.

A moins que...

Sur Twitter on trouve à peu près tout, même l'idée d'un possible scénario commandité par Barack Obama avec pour homme de main le célèbre Chuck Norris.

Autant de questions qui resteront probablement sans réponse et qui continueront à alimenter les légendes urbaines... ou les cours de critique historique.

Mélanie De Nora

Crédit photo : EPA
 |

Articles en rapport