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Le malheur des uns ...

MONDE | jeudi 21 juin 2012 à 13h02

  • Le marché intérieur a 20 ans cette année. Son but : permettre la libre circulation des biens, des services, des personnes, des capitaux. Il doit profiter aux consommateurs en diminuant les prix. Dans le secteur immobilier espagnol, l’existence du marché intérieur vient quelque peu adoucir les effets de la crise.

    L’Espagne économiquement à bout de souffle.  La 4ième économie européenne vit une récession sans précédent. La crise touche de plein fouet les espagnols avec un système bancaire en pleine dérive.  La situation est à ce point préoccupante que l’Europe va consentir à une aide exceptionnelle de près de 100 milliards d’euros pour sauver les institutions financières espagnoles.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Pour comprendre cette déroute vertigineuse,  il faut se replonger au début des années 2000. A l’époque, l’Espagne investit massivement dans le secteur immobilier.  Entre 2000 et 2008, on construit à tour de bras. Près de deux tiers des nouvelles habitations en Europe sont espagnoles. Le secteur est alors en plein boom. La demande de logements est telle que les prix gonflent de façon vertigineuse. En quelques années, la hausse atteint près de 155%. Mais l’embellie ne dure pas. En 2008, la crise éclate. Et le secteur de la construction est très vite touché. L’énorme bulle immobilière explose et les prix chutent. 

    De nombreux espagnols ont investi  dans un logement et ils se retrouvent avec des appartements qui ont perdu jusqu’à la moitié de leur valeur. A cela s’ajoute un chômage qui explose. Aujourd’hui, un actif espagnol sur quatre est sans emploi. Beaucoup sont donc incapables de rembourser leur traite. Le rêve d’un logement se transforme en cauchemar. On estime qu’il y a actuellement près de 3 millions de logements vides.  Des complexes immobiliers entiers sont inoccupés. On parle de quartier fantôme.

    Baisse de la TVA

    Le secteur immobilier, l’un des poumons de l’économie espagnole, souffre. De nombreux entrepreneurs mettent la clé sous la porte. Seuls les plus solides parviennent à garder la tête hors de l’eau. Pour relancer l’activité, le gouvernement espagnol prend une mesure exceptionnelle. Il baisse la TVA sur les constructions neuves de 8 à 4%. Les entrepreneurs décident alors de construire près de la mer dans les régions qui attirent le plus de touristes. 

    Sur la Costa Blanca, dans la région d’Alicante, on ne compte actuellement plus les chantiers en cours. Et avec la baisse des prix et la baisse de la TVA, les appartements sont devenus très intéressants.  Acheter un appartement dans cette région est moins cher qu’il a une dizaine d’année. Du jamais vu. Le but de l’opération est simple, relancer le secteur de l’immobilier en attirant les étrangers en mal de repos et de soleil. Et la formule marche. Les appartements s’arrachent comme des pains. Certains le sont même bien avant qu’ils soient construits. L’année dernière, avec les scandinaves, les belges sont  les premiers acheteurs dans la région. Mais si les fonds privés venus de l’étranger relancent quelque peu l’activité, ce n’est qu’une goutte d’eau…Tant les problèmes économiques que connaît actuellement l’Espagne et particulièrement cette région restent gigantesques.

    Hugues Angot, Journaliste

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