L'agriculture des années 50 est encore peu mécanisée. C'est une agriculture trop traditionnelle, peu productive et qui ne couvre que 85% des besoins alimentaires des 6 pays que comptent ce qui s'appelait encore le Marché Commun.
La mise en œuvre de la PAC, à partir de 62, va changer tout cela. Le secteur se modernise. Les prix sont fixes et garantis aux agriculteurs qui n'ont donc plus à se préoccuper de la concurrence internationale. Cette politique a pour conséquence à la fois une augmentation de la production et de la productivité.
Les cultures deviennent intensives et la mécanisation se développe. Trop nombreux, des millions d’agriculteurs doivent quitter le secteur et se recycler vers d’autres métiers.
Aide et surproduction
Encouragée par les subsides de la PAC, l’Europe s’est mise à produire beaucoup, énormément… trop ! Ainsi, des millions de litres de lait, des tonnes de blé et des masses de viandes ont été stockés, gaspillés, jetés. Un gaspillage financé par le budget européen et qui coûte cher, très cher. Du coup dans les années ’80, la PAC est revue, la politique de subvention réformée et des quotas de production sont imposés aux agriculteurs. Mais la Pac reste un système complexe et coûteux.
Élargissement et nouveaux défis
La PAC, instaurée lors du traité de Rome avait été pensée pour les 6 pays du Marché Commun. Elle a dû s'adapter à l’arrivée progressive des nouveaux membres. Les disparités entre les différentes agricultures nationales sont grandes et la mise à niveau est ardue. D’autant que la PAC s'est fixé de nouveaux objectifs : la qualité des produits, leur traçabilité et le respect de l’environnement sont devenues des priorités pour l’Europe agricole.
Conflits et réformes
Et comme souvent en Europe, certaines nations ont le sentiment de payer trop par rapport aux bénéfices qu’elles tirent du système. C’est le cas de l’Allemagne qui s’oppose notamment à la France, principale bénéficiaire de la PAC. Cela donne lieu à d’importantes joutes verbales entre chefs d’état. L’enjeu, il est vrai, est primordial : la politique agricole commune représente la part la plus importante du budget européen. Et certains voudraient voir cette part diminuer de manière significative.
L’histoire de la PAC s’est écrite à coups de succès, d’échecs et de réformes. Une nouvelle PAC doit voir le jour en 2013. Nul doute que les débats autour de cette nouvelle politique continueront à être animés.
D’où l’importance de bien comprendre le passé pour préparer l’avenir…
François Mazure, journaliste




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